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Monkey 3 : 39 Laps (2006 - cd - parue dans le Koid9 n°62)

(493 mots dans ce texte )  -   lu : 76 Fois     Page Spéciale pour impression

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Petit rappel concernant le "stoner" : c’est grosso modo un style de rock et de métal qui se caractérise par des rythmiques relativement répétitives, parfois hypnotiques, pulsée par une basse très lourde et reprenant à son compte un esprit rock inspiré par le psychédélisme des années 70, notamment par Black Sabbath et une imagerie mêlant comic-books, films d'horreur de série Z et références aux Ovni et à la science-fiction. Le nom (stoner rock ou rock défoncé) provient de l'aspect de cette musique très associée à l'état "stone", dû à la prise de diverses drogues. Avec des claviers moins voire pas du tout utilisés, ce genre planant est proche du "space rock". Tout cela renvoie à une certaine forme de rock progressif, et on peut dire amplement que Monkey3 en délivre une version époustouflante. Je n’aime pas du tout l’idée de répétitif en musique, mais les "répétitions" qu’on entend ici nécessitent une maîtrise technique remarquable. Ce sont plutôt les adjectifs hypnotique et entêtant qui décrivent mieux le contexte.

Toutes ces précisions lexicales pour vous montrer dans quelle famille situer les petits Suisses de Monkey3, dont le nom proviendrait du film de SF "L’Armée Des 12 Singes". Il est bon de préciser tout de suite que l’on tient avec eux un représentant très haut de gamme du genre sus-cité. Il ne faut pas bien longtemps pour constater que ça tricote sec et qu’on a affaire à la crème du genre.

L’album, qui est en fait le deuxième, après un album sans titre diffusé confidentiellement en 2003, puis réédité en même temps que celui-ci. Il est entièrement instrumental et il faut avouer que le style s’y prête bien. Histoire de faire mentir les idées reçues sur les Suisses en général, ces gens-là maîtrisent parfaitement l’art d’effectuer des montées en puissance énormes, et les accalmies arrivent toujours au bon moment comme la cavalerie. Sur un tapis de claviers planants, guitare et basse tissent des textures sonores alambiquées, soutenus par un batteur tentaculaire, quand ils n’évoluent pas vers une furie totale. La masse sonore est comme une puissante bête sauvage que les quatre musiciens maîtrisent docilement pour lui faire réaliser toutes sortes de figures acrobatiques dignes du cirque de Pékin. L’apport ponctuel de percussion tribales sud-américaines nous entraîne dans un tourbillon infernal dont on ressort hagard mais heureux. Totalement trippant à peu de frais.

Comme si cela n’avait pas suffi à nous ébouriffer, nous avons droit pour finir à une relecture du thème célèbre du film "Il était une fois dans l’Ouest" du sir Ennio Morricone, celui de l’homme à l’harmonica. Mise à la sauce Monkey3, cette adaptation d’un thème que j’adore initialement est un pur régal et finit de nous emmener au firmament. Bravo et vivement la suite !

Michael Fligny

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