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Neal Morse : Testimony (2003 - 2 cd - parue dans le Koid9 n°47)

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Les premiers commentaires qu’appellent de ma part cet album ne concernent pas le fond, c'est-à-dire des considérations d’ordre musical, mais plutôt la forme.

Car comment ne pas s’étonner de la parution de ce "Testimony" quelques mois à peine après celle du "Feel euphoria" des ex-acolytes de l’ex-compositeur et chanteur de Spock’s Beard ? S’il avait voulu commercialement leur casser le coup, il ne s’y serait pas pris autrement. D’autant que, comme on le verra plus bas, musicalement, la comparaison ne tient pas longtemps. Notons que si en 2002 Neal s’est payé une crise de foi l’empêchant de poursuivre avec Spock’s Beard et Transatlantic, son Bon Dieu ne lui a manifestement pas demandé de cesser ses activités lucratives au sein de Radiant Records. Ca marche pour lui de ce côté, merci... Et voici venir le comble de la mesquinerie : vous imaginez bien que pour vous donner nos impressions en avant-première sur ce double CD qui ne sort que le 23 septembre (le Koid9 que vous tenez dans les mains ayant été bouclé le 12), nous avons bénéficié d’une "promo" envoyée par le label. Et bien figurez-vous que chacun des 29 morceaux de l’œuvre fixée sur cette "promo" est ponctué d’un blanc complet de deux secondes en plein milieu, pour que surtout on n’oublie pas d’acheter l’album dans sa version complète dès sa sortie ! Ah ils a n’ont pas oublié d’être vénaux, le père Neal et son Bon Dieu. C’est rudement pratique pour l’écoute : à chaque morceau, ces deux secondes vous rappellent au bon souvenir du portefeuille de Neal et à ses bonnes œuvres pour son "God". C’est terriblement irritant et confine à la plus grande mesquinerie. Et bien Neal sache le : rien que pour ça, je n’achèterai pas ton album, fut-il la révélation de l’année.

Heureusement, je n’aurai pas à me torturer longtemps, car s’il n’est pas mauvais, il ne s’agit pas non plus de la révélation de l’année. Ouf ! Comme si l’irritation liée à ces blancs récurrents ne suffisait pas, les paroles continuent à hérisser le poil de l’athée que je suis à chaque phrase : Sleeping Jesus, The Land of Beginning Again, mon Dieu, Heaven, my God, grand Dieu, Father, Doux Jésus, Seeds of Happiness… ah la vache ! Je me souviens avoir assisté à un brunch Gospel un jour, à New York… Et bien côté paroles ce n’était pas plus gratiné que ce "Testimony"… sauf que ça n’a pas duré 123 minutes !

Et tout cela est fort dommage, car ne serait sa démarche par trop vénale, on lui pardonnerait bien volontiers, au père Neal, sa quête de la lumière divine, explicitée au travers de cette œuvre éminemment autobiographique et finalement pleine d’humanité. Si ce n’est pas mon trip, je pense être suffisamment ouvert et tolérant pour admettre que ça puisse être celui de Neal. D’après l’intéressé, c’est en fait l’aboutissement de toute sa vie, ce qu’entérine d’ailleurs le titre.

L’œuvre se divise en cinq parties inégales en termes de durée, et s’ouvre et se ferme avec le même titre "the land of beginning again", comme pour signifier qu’il n’y a jamais ni de fin ni de commencement, et que tout n’est qu’ évolution, que progression... grâce à qui ? Devinez ! Mais oui, vous y êtes… "God", bien sûr. Il faut dire que le ravissement des oreilles est extrême dès les premières mesures, car on croirait avoir affaire à du Spock’s Beard ou du Transatlantic. Avec de l’orchestration en plus… et notamment une section de cordes, placée sous la direction de Chris Carmichael, le violoniste qui apparaissait déjà sur "V", des cuivres et des chœurs rappelant d’ailleurs le gospel par moment. Neal a confié les percussions à son pote Mike Portnoy. Quant à la présence de Kerry Livgren, le guitariste fondateur du groupe Kansas, son apparition sur l’album n’est pas le fruit du hasard du tout, puisque l’œuvre qu’il nous concocte pour l’an prochain s’appelle "La résurrection de Lazare" aaargh…. c’est contagieux !

Au bilan, ce double album demeure musicalement sympathique, varié, se baladant entre symphonisme et prog pur et dur, avec des thèmes parfois grandiloquents, des ballades, quelques morceaux instrumentaux, mais surtout la voix de Neal omniprésente.


Ah, j’oubliais… à l’automne il y aura des concerts Live de Neal Morse, pour la promotion de "Testimony", avec notamment Mike Portnoy à la batterie …pourquoi Dieu le lui permet-il en 2003 et pas en 2002 ? Mystère… Neal, Neal, Neal… tu es si génial, mais qu’est-ce que tu nous fais ? Il faudra quand même qu’un jour tu tranches entre "God" et "Dollar God"… on ne sait plus à quel Saint se vouer, nous…

Benoît Herr




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