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Osi : Office Of Strategic Influence (2003 - cd - parue dans le Koid9 n°45)

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Daniel Gildenlow et Kevin Moore sont sur un bateau… Comment, ça n'a aucun rapport avec O.S.I. ? Si, si, je vous assure. D'ailleurs, O.S.I., c'est même le nom du bateau en question, et s'il s'apparente à une galère où Jim Matheos bat la cadence tandis que Sean Malone et Mike Portnoy rament comme des dératés, sous l'œil ravi d'un Kevin Moore qui se prélasse, et que Daniel Gildenlow flotte tranquillement en pleine mer en les voyant s'éloigner, ce n'est pas franchement surprenant.

En fait, ce projet ressemble à une expérience à la fois pour Matheos, et pour Moore, qui se connaissent bien depuis que ce dernier participe régulièrement aux enregistrements de Fates Warning. Matheos a sous sa baguette une rythmique de rêve, mais encore faut-il qu'il sache quoi en faire. Moore quant à lui attend que tout le monde ait fini de s'affairer pour retravailler le tout à sa sauce, sans rendre de compte à quiconque sinon au bienveillant Jim. Quand on voit de quelle manière ce disque a été mis en place, on comprend davantage que Gildenlow se soit vu renvoyé dans ses pénates au bout de quelques jours de collaboration. Il cumule trop de talent pour les deux cerveaux de l'histoire, il leur fait de l'ombre.

Or gommer les performances de chacun pour ne pas faire ressortir sa propre médiocrité, c'est bien le credo de ce disque, dont l'imagination est inexistante, la variété mélodique absente, les influences flagrantes, et les frustrations qui en découlent pour l'auditeur n'ont d'égal que celles des musiciens devant ce qu'il reste de leurs efforts.

Et Mike Portnoy de déclarer que ses "meilleures parties de batterie n'ont pas été conservées sur le master". Il est vrai que son jeu, bien que toujours agréable, manque de renouvellement sur ce disque (il en est réduit à pomper des parties du dernier album de Dream Theater, notamment de "the great debate"). Mais là encore, comment lui en vouloir puisque Kevin Moore a pris un malin plaisir à distordre ses sonorités, ralentir ses tempos par ci, les accélérer par là, tout en traficotant les autres instruments et y ajoutant sa marque de fabrique désormais depuis qu'il sort ses albums solos sous le nom de Chroma Key : les samples.

Car il faut bien faire comprendre à ceux qui pouvaient encore nourrir l'espoir de réentendre Kevin Moore jouer comme il le faisait si bien du temps de "Images & words", que ce temps-là est bel et bien révolu, et qu'il ne délivre plus le moindre solo. Il se contente d'ajouter des grésillements, des samples (nombreux), quelques nappes de claviers, et épisodiquement il se rabaissera à jouer trois notes d'orgue. Le plus clair de son travail, il le passe à retravailler (comprenez déformer) celui des autres.

D'ailleurs en terme de solos, soyons clairs une fois pour toutes, il n' y en a pas ! Ou alors de ridicules, insignifiants. Matheos préférant enchaîner les riffs au kilomètre. L'essentiel de ce disque est rythmique, solide, mais souvent déjà entendu, et surtout sans la moindre étincelle d'imagination. Le peu de parties chantées est tellement monocorde que c'en est irritant ; on en vient même à regretter la présence de Steve Wilson (comme chanteur uniquement…) sur le (trop) long "shut down", tant il est limité à déclamer son texte sans s'éloigner des trois uniques notes qui lui ont été attribuées…

Pourtant, le premier titre, "the new math" (rescapé des sessions avec Gildenlow, ceci explique peut-être cela), ouvrait bien l'album grâce une rythmique surpuissante et une intégration plutôt réussie des samples, pour une fois. Ensuite, bien vite, l'ennui s'installe…

O.S.I. n'aura fait illusion que le temps d'un morceau.

Daniel Beziz




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