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Pain Of Salvation : Scarsick (2007 - cd - parue dans le Koid9 n°61)

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Autant "Be" démarrait de manière étrange et nuancée, autant "Scarsick" vous frappe dès le départ en pleine face avec ce riff haché énorme et les vocaux rageurs interprétés en rap par Daniel Gildenlöw. Les claviers semblent presque absents du morceau, et ce sera encore le cas du titre suivant, "spitfall", lui aussi particulièrement brutal. Evidemment, comme souvent avec Pain Of salvation, ces morceaux de plus de 7 minutes sont changeants et contiennent des parties plus mélodiques et des thèmes quand même plus accessibles. Néanmoins, ce début qui ravira sans aucun doute les fans du côté le plus métallique du groupe auront probablement l'effet inverse sur ceux qui sont plus intéressés par ses aspects mélodiques et plus traditionnellement progressifs. Le reste de l'album est essentiellement assez différent, ce qui ne veut pas dire prévisible, ni uniforme, bien au contraire ! Une fois de plus, l'éclectisme des Suédois est assez étonnant, voire déroutant. "Cribcaged" pourrait passer pour une ballade lente où les claviers sont enfin plus présents, bâtie en crescendo, au texte assez désespéré. Mais "america" emprunte au morceau de Kim Wilde "kids in America" et à celui Leonard Bernstein issu de "West side story"! Le tout avec un mélange hard-prog, où percent à un moment un banjo et une guitare slide façon blues ! "Disco queen" qui dure quand même plus de 8 minutes est délirant, franchement disco par instant ! La basse qui rebondit de façon typique, les vocaux en voix de fausset de Gildenlöw qui rappellent Abba ou bien d'autres, les harmonies de guitare, tout y est, mais il y a aussi bien des changements de rythme, avec des sections plus sombres et plus rock, des synthés qui tissent des mélodies étranges, et aussi les sections instrumentales avec la virtuosité instrumentale dont sont capables les quatre hommes. Comme Daniel le dit dans son interview, le groupe n'a pas hésité à utiliser ces éléments incongrus pour compléter le propos des paroles, et notamment critiquer ce qu'ils représentent.

Et lorsque l'on arrive à la "face B", on est revenu à un terrain plus familier pour qui connaît "The perfect element pt. I" ou "Remedy lane". "Kingdom of loss" est sombre, lent, calme puis plus puissant mais très mélodique, voire grandiose, un titre qui dure plus de 6 minutes, comme la quasi totalité des morceaux de "scarsick" d'ailleurs. "Mrs modern mother mary", un des deux titres plus courts, et certainement le plus simple, est très entraînant, avec un rythme qui balance, et pourtant les vocaux sont un peu torturés et les guitares et la basse distordues de curieuse façon pendant les couplets. "Idiocracy" (7'04"), basé sur un motif de batterie presque tribal, une basse distordue et un motif de guitare haché, est plus lourd mais orchestré, légèrement orientalisant, mystérieux, un peu oppressant, avec plusieurs sections dont certaines qu'on dirait inspirées par le folkore russe et une partie vocale encore une fois sombre mais mélodique, poignante vers la fin. "Flame to the moth" utilise des sonorités proches du sitar, encore une fois des guitares aux tonalités étranges et des boucles électroniques, des percussions tribales… Un titre à l'ambiance indienne, aux breaks comportant des vocaux très rageurs ou plus légers, tandis que les couplets et refrains principaux restent plus mélodiques (malgré quelques vocaux assez torturés). Et enfin arrive le morceau le plus long de album, le majestueux "enter rain" (10'03"), à la fois sombre et beau, un titre à la fois symphonique et qui rappellera à certains Porcupine Tree avec, au départ, un motif percussif qu'on dirait programmé, son mélange de piano électrique, de synthés planants et de guitare tour à tour cristallines puis heavy, lorsque le ton devient tragique et grandiose sur le refrain. Gildenlöw y utilise essentiellement un timbre clair, grave et émouvant, sauf pour quelques harmonies aigues. C'est sans doute l'un des meilleurs morceaux du groupe…

Une analyse chronologique semblait pour une fois convenir à un album tel que celui-ci, conceptuel et tellement contrasté et varié qu'il est bien difficile d'en avoir une idée sans l'avoir écouté attentivement en totalité. En tout cas, un album qui ne répète aucun des précédents du groupe, très original même si parfois difficile d'accès, un album particulièrement dense et passionné, qui ne peut laisser indifférent en tout cas.

Marc Moingeon

Site du groupe


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