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Phase (The) : Reviews (2008 - cd - parue dans le Koid9 n°65)

(523 mots dans ce texte )  -   lu : 71 Fois     Page Spéciale pour impression

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Il y aurait un bouquin, à écrire sur l’histoire des noms de groupes. Peut-être est-ce déjà fait, du reste. Pour The Phase c’est parce que ce farceur de Mikko Kaakkuriniemi (nous sommes en Finlande) apostrophait toujours son pote de l’armée, Riku Pasanen, ainsi : "Hey Pheis !" De Pheis à Phase, il y avait juste le nom d’un groupe qui vit le jour en 1998. Miko le batteur avait entendu des démos de Riku le guitariste et lui avait proposer de s’associer. Ils enregistrèrent une bonne partie de cet album qui s’appelait alors "Views", tournèrent un peu avant que chacun vaque à d’autres occupations. Quelques années plus tard, Ari Sinkkonen, ex-batteur du groupe Menhir où avait joué Riko, avant son service militaire, (vous suivez ?) tombe sur "Views" et cette musique l’emballe. Lui, Riko et le bassiste Johan Fallenius avec qui ils avaient joué "Views" live, (ça va toujours ?) décident de refaire de la scène. "Views" est joué live à Tampere en mars 2006 à l’"University Student House" puis retravaillé en studio et rebaptisé "Reviews" (jeu de mot). Le célèbre ours du zoo de Berlin dont il est l’emblème, Knut, fera office de "pochette" du CD. Fin de la petite histoire.

Maintenant, neuf années plus tard, qu’a-t-on donc entre les mains et surtout entre les oreilles ? Un album agréable, flottant, se promenant sur les rives de Rush et King Crimson, mais sans la hargne des premiers ou le génie du second. Dès l’entame de "who are you" dont les parties de batteries (comme pour deux autres morceaux) sont de Mikko de la première époque, on se dit que c’est pas mal mais que ça manque de pêche. C’est ce qu’on pourra regretter tout au long. Mais, et c’est déjà beaucoup, il y a un son, indentifiable. A base de riffs de guitares acérés, mais dont le ton est volontairement étouffé, soutenus par une sobre rythmique dont la basse claque volontiers. Les quelques solos de Riko évoquent parfois ceux de Frank Zappa ("science") ou de Andy Latimer ("the life is true") mais ne prennent jamais la tête. Les nombreux breaks rappellent aussi ceux de UK ou du premier Asia.

En fait, chaque morceau a ses bons côtés et ses moins bons. A peine on se dit "ça commence bien" que la voix de Riko, vraiment quelconque, vient faire retomber le soufflé. (cf "clay" ou "on the sea"). Mes deux préférés se suivent : "cruel world" puis "roy’s inn" ont une évidence poppy un peu façon "Jesus he knows me", de Genesis qui va fort bien au trio finlandais. On trouve aussi un morceau planant "to find a way" qui nous ramène droit dans de vieilles reliques ("Relics") floydiennes du temps de Syd Barrett. Ou plus récemment à ce que peut pondre un Blackfield, par exemple. Ca sent bon les forêts glacées de l’extrême nord…

A l’arrivée, un trio attachant qui n’utilise les synthés qu’avec parcimonie mais à qui il manque pour l’heure une fougue à faire fondre les banquises.

Jean-Marie Lanoë




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