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Porcupine Tree : Stupid Dream (1999 - cd - parue dans le Koid9 n°30)

(570 mots dans ce texte )  -   lu : 82 Fois     Page Spéciale pour impression

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Il fallait s'y attendre, le "rêve stupide" de Porcupine Tree nous entraîne vers un monde onirique plus "pop" que "prog" (cette orientation avait déjà été quelque peu amorcée avec l'excellent et éclectique "Signify", dernier album studio en date). Mais Porcupine Tree a-t-il seulement un jour été un groupe progressif au sens stylistique ?

Personnellement, je ne crois pas. Cette forma­tion hybride n'a jamais revendiqué la moindre étiquette, ni même une quelconque appartenance à un genre précis, et son propos musical s'est toujours étendu vers des horizons différents: le psyché (dès le 1er album déjà bien allumé !), le planant (avec les mélopée floydienne d'un "the sky..."), la pop-rock (avec "Signify" et ses titres plus carrés), et même la new-wave et l'ambient-techno (le côté froid et transe d'un "Up the downstair"). En cela, il n'y a aucune raison de leur en vouloir, ni de crier à la trahison. La bande à Steve Wilson poursuit simplement son bonhomme de chemin, faisant aujourd'hui une escale dans la pop de qualité avant de redécoller vers on ne sait où (on l'espère, sauf si l'affaire du jour s'avère rentable, dans ce cas, c'est l'enlisement dans le standard pop assuré ). Mais venons en au contenu proprement dit de ce nouveau CD : côté pop-song donc, rien ou presque à ajouter avec des titres comme "piano lessons" (1er single), "pure narcotic" ou "stranger by the minute", c'est bien foutu, mélodiquement pur british et calibré radio à 100 %, la qualité en plus (en effet, dans le genre, c'est vraiment sympa et efficace !). L'amateur éclairé de musique plus aventureuse s'attardera davantage sur les 6 minutes bien déjan­tées d'un "tinto brass" bourré d'effet sonores en tout genre et sujet à de mul­tiples rebondissements, ou encore sur le magnifique "don't hate me", superbe complainte désespérée sur laquelle le chant de Wilson prend une dimension toute particulière. Ce titre contient également une partie instrumentale centrale digne du meilleur Gong (Glissando de guitare façon Daevid Alien accompagné d'un solo de saxophone typé Didier Malherbe). Magnifique trip ! On trouvera également dans la série des grands moments du disque deux superbes ballades atmosphériques dont seul Porcupine Tree a le secret ("a smart kid" et "stop swimming"), ainsi qu'un titre d'ouverture fabuleux ("even less") où Steve Wilson riff comme un damné sur des textures planantes signées Richard Barbieri (le maître des nappes de clavier atmosphériques). Pour le fan absolu, il faut savoir qu'une version longue de 20 minutes de ce même titre doit sortir sous peu en CD via internet ! Quelques autres morceaux que ne renierait pas un Radiohead valent également le détour ("slave called shiver", "this is no rehearsal"), rien donc à jeter fondamentalement sur ce nouvel album qui veut ratisser large (mais rassurez vous, c'est mille fois mieux que le "Radiation" de Marillion !). Voilà seulement un très bon disque qui aura peut-être l'oppor­tunité d'être chroniqué hors presse spécialisée "prog", dans les colonnes d'un "Best" ou d'un "Rock'n'folk". Et si ce n'est pas le cas, ces dernier sont encore plus lamentablement hermétiques qu'on aurait pu l'imaginer ! Progsters en tout genre, ne vous risquez pas de commettre la même erreur que la presse "bien pen­sante", vous passeriez à côté d'un très bel album pas forcément prog, mais authentiquement rock.

Philippe Vallin





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