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Ring Of Fire : Burning Live In Tokyo (2003 - 2 cd / 1 dvd - parue dans le Koid9 n°47)

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Ce concert de 110 minutes devrait être sorti en deux formats au moment où vous lirez ces lignes : le DVD (avec en bonus cinq minutes d'interview très décontractée et amusante, à défaut d'être passionnante, plus un titre en multi-angle) et le double CD qui lui, compte des solos individuels un peu plus longs et surtout un excellent nouveau morceau en studio, l'épique "leviathan". En fait, ce concert était sorti depuis déjà près d'un an mais seulement sur le marché japonais. Le groupe du chanteur Mark Boals avait alors un seul album à son actif ("The oracle" chroniqué dans Koid'9) et donnait trois concerts en tout et pour tout au Japon. C'est à Tokyo que cette performance a été enregistrée au début de 2002. Le groupe Ring Of Fire, nommé d'après l'album solo de Boals sorti peu de temps avant, avait comme guitariste le virtuose "malmsteenien" George Bellas mais, celui-ci ne pouvant être présent pour ces concerts au Japon, c'est Tony MacAlpine, déjà omniprésent sur l'album solo de Boals, qui le remplaça et qui fait aujourd'hui toujours partie du groupe. Bellas n'aura été qu'un intérimaire et n'a d'ailleurs jamais composé.

Seul reproche à ce live, mais il est non négligeable, c'est le son… Probablement tiré de la table de mixage sans grand traitement ultérieur, celui-ci est un peu plat, la voix de Mark est mise très en avant et remarquable mais manque à mon avis un peu de réverbe et d'écho, tandis que les claviers de l'époustouflant Vitalij Kuprij sont surtout audibles pendant ses solos (innombrables !), ce qui est un peu dommage car ceux-ci ont une place de choix dans les arrangements des morceaux. L'ensemble manque globalement un peu de l'ambiance sonore d'une salle de concert, bien qu'on entende le public entre les morceaux (un très grand club). Par contre, le DVD sonne particulièrement bien sur une télé classique (un seul mixage, en stéréo).

La prise de vue est remarquable, ainsi que l'avait annoncé Mark. C'est de la haute définition, en 16/9, les prises de vue sont extrêmement variées et dynamiques : en bref, on s'y croirait !

Le groupe n'a pas la grosse tête, c'est assez évident sur l'interview très décontractée rajoutée en bonus mais par contre, sur scène, quel pêche, quel professionnalisme ! C'est un grand show "à l'américaine", c'est clair : beaucoup d'énergie, de mouvement mais aussi de précision, un excellent contact avec le public, un peu d'humour (surtout MacAlpine) et bien sûr, vu le niveau de ces cinq musiciens, un peu de démonstration… il fallait s'y attendre ! Mais chacun a l'occasion de s'exprimer, ainsi que dans Dream Theater par exemple, bien que la musique de Ring Of Fire soit assez nettement différente.

Côté performance, Ring Of Fire live arrive-t-il à reproduire l'excellence instrumentale du studio ? La réponse est oui, globalement, avec aussi l'excitation du live, la hargne de MacAlpine et celle de Donati, grand batteur s'il en est. Par ailleurs, chanter comme le fait Boals pendant aussi longtemps tient du miracle mais dans l'ensemble, le chanteur tient bien la distance, avec seulement une ou deux petites faiblesses mineures ici et là (MacAlpine l'aide occasionnellement pour les harmonies vocales). Ca ne l'empêche pas - vers la fin du concert en plus ! - de reprendre avec les seuls claviers pour accompagnement "e lucevan le stelle" issu de la "Tosca" de Puccini… en registre d'opéra s'il vous plaît ! C'est assez surprenant et magnifique ! Quand on entend son excellent registre de ténor, on se demande pourquoi il chante souvent de façon aussi forcée et en poussant parfois trop dans les aigus sur pas mal de ses compositions. Ce côté-là s'atténue d'ailleurs beaucoup sur le dernier album du groupe ("Dreamtower", Koid'9 n°46) et sur le dernier album solo de Mark ("Edge of the world", Koid'9 n°45).

Bien sûr, il ne faut pas s'attendre à la perfection du studio car les harmonies et les solos de guitares sont souvent doublés, de même qu'il y a parfois plusieurs parties de claviers sur les versions originales et là, il n'y a que cinq hommes, excellents musiciens, mais qui n'ont recours ni à des bandes (sauf sur le titre de Puccini), ni à d'autres trucages. Il leur faudrait être au moins sept pour bien faire… C'est un choix honnête et ce qu'il manque aux arrangements est compensé par leur enthousiasme. Les compos de "The oracle" ont même parfois une pêche supplémentaire. De plus, MacAlpine n'a rien à envier à George Bellas, bien qu'ayant un son un peu plus saturé et plus distordu ; sa précision est exceptionnelle et les passages où l'on voit courir ses doigts sur le manche de ses guitares 7-cordes sont impressionnants !

On retrouve sur cet album la quasi-intégralité de l'album "The oracle" et plusieurs titres de l'album solo "Ring of fire", des solos de chaque musicien (la palme revient à Kuprij, époustouflant avec sa série d'extraits classiques au piano et son passage où il joue sous les claviers à l'envers !), quelques introductions inédites (superbe duo MacAlpine/Kuprij au début de "death row") et en bonus, un inédit en studio.

Comme on l'a dit plus haut, sans savoir la qualité sonore des versions studios, les morceaux de ce live rendent compte de la puissance incroyable de ce groupe de virtuoses, dans un style souvent assez grandiose, épique, dit "néoclassique". Ring Of Fire a eu la bonne idée de ne pas jouer que sur la rapidité et le concert est bien équilibré entre boulets fulgurants, morceaux plus pesants et symphoniques, souvent très progressifs (le fabuleux "atlantis", "the oracle"), titres plus courts et aux tempos moyens, sans parler d'une ou deux ballades.

Bilan très positif au final, surtout pour le DVD. Dommage pour le son qui aurait certainement pu être amélioré mais coup de chapeau à la performance. Malgré la rareté extrême de ses concerts jusqu'à maintenant, Ring Of Fire n'est pas un simple bricolage de studio mais un véritable groupe de musiciens qui s'entendent comme larrons en foire (même si Kuprij s'en est allé) et prennent un plaisir évident et communicatif à jouer sur scène. Cet enregistrement vous le prouvera largement ! Vivement la suite !

Marc Moingeon




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