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Abydos : The Little Boy's Heavy Mental Shadow Opera About The Inhabitants Of His Diary (2004 - cd - parue dans le Koid9 n°51)

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Derrière ce nom de groupe mystérieux et ce titre plus long qu'un jour sans pain se cache un projet solo du chanteur de Vanden Plas, Andy Kuntz. Celui-ci a collaboré avec 2 guitaristes/claviéris-tes ouvertement très talentueux, Stephan Glass et Michael Krauss, pour aboutir à cet album concept de 70 minutes, finalement assez différent ce que l'on entend dans son groupe d'origine. Stephan Lill, le batteur de Vanden Plas, complète la formation qui s'est adjoint également le soutien d'une chorale sur plusieurs titres. Le nom "Abydos" vient d'un site funéraire situé dans la Vallée des Rois en Egypte, où l'on priait Osiris, divinité égyptienne de la réincarnation. Le chanteur ayant perdu plusieurs personnes très proches en 2003, ceci explique cela.

Kuntz est très actif dans le domaine de la comédie musicale. Il a notamment joué dans une version récente du célébrissime "Jesus Christ superstar" et il en reste quelques traces ici. D'ailleurs Vanden Plas sortira en 2005 un album concept basé sur le personnage de Monte Cristo, dont il pourraient aussi faire une version "comédie musicale" avec des morceaux et arrangements plus légers.

Loin d'être "un autre album de prog metal", "The little boy's…" propose un mélange inédit, où l'on retrouve des éléments metal et des traces de Vanden Plas bien sûr (encore que Kuntz écrive peu pour le groupe) mais de façon générale, son public pourrait bien être surpris par la présence de parties ou de morceaux entiers qui renvoient plutôt au rock progressif, à la pop et au rock AOR des années 70, que le chanteur avoue affectionner particulièrement. La présence importante du piano, de synthétiseurs aux multiples timbres orchestraux et naturels ou d'autres nettement plus artificiels, les interventions des chœurs, les sections acoustiques, les mélodies elles-mêmes constituent une contrepartie inhabituelle aux guitares heavy qui sont loin d'être omniprésentes. Au niveau références, on peut penser successivement à Dream Theater, Pink Floyd période "Wish you were here", Eloy, Led Zeppelin (un riff sur "god's driftwood" ressemble sérieusement à "kashmir"), Journey à la fin des 70's, le classique, certaines musiques de films, la comédie musicale et la pop anglo-saxonnes… des influences généralement bien digérées et non pas incorporées au hasard. Le tout se situe dans un registre mélancolique, car cet album est ouvertement sombre, sans être lugubre. Kuntz chante aussi souvent d'une manière assez différente dans Abydos, avec un timbre plus clair, beaucoup moins agressif que dans son groupe, il se permet même d'évoquer un court instant le Peter Gabriel caricatural époque Genesis dans "silence" (6:55) !

C'est surtout la qualité des mélodies qui frappe. Des morceaux comme "you broke the sun" avec son intro au piano, son refrain inoubliable, son riff plus lourd aux consonances orientalisantes, son final en forme d'hymne (avec la chorale), est un véritable classique ! Idem, dans un autre style, pour des morceaux encore plus progressifs comme "abydos" (7:25), "wildflowersky" (8:28) ou le très long "a boy named fly" (12:03).

L'interprétation est irréprochable : Krauss et Glass nous offrent de très belles parties solistes de guitares et de claviers, des atmosphères planantes ou intimistes, pleines de délicatesse, des sonorités de claviers futuristes ou au contraire très organiques… Ces deux inconnus-là savent tout jouer et ils le font bien ! La cerise sur le gâteau c'est une qualité d'enregistrement excellente !

Evidemment, certains titres sont plus accessibles que d'autres et il reste quelques morceaux et sections particulièrement lourds et agressifs (avis pour les allergiques au metal !) mais l'album pourra sans aucun doute plaire à un public différent.

Loin d'avoir accouché d'un album mineur comme le sont parfois les projets solo, Andy Kuntz vient tout simplement d'accoucher d'une perle, une superbe surprise à découvrir de toute urgence !

Marc Moingeon




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