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David Sylvian : Dead Bees On A Cake (1999 - cd - parue dans le Koid9 n°30)

(508 mots dans ce texte )  -   lu : 94 Fois     Page Spéciale pour impression

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Sortons un peu des sentiers battus du prog pour aller à la rencontre de ce mu­sicien à part et extraordinaire qu'est David Sylvian (dont les seules incursions dans les sphères progressives auront été les excellents et quasi-Crimsoniens "The first day" et le superbe live "Damage", en collaboration avec un autre génial al­lumé, maître Robert Fripp). Le revoilà aujourd'hui avec un nouvel album très dif­férent des deux précités, porteur d'une pop atmosphérique inclassable et hors-mode (à l'instar d'un Mark Hollis) tant la musique se veut personnelle et envoûtante. Bien qu'elle soit difficile à décrire (vous n'avez qu'à l'acheter et l'écouter, na !), je vais tout de même en dire quelques mots (ben tient ! Pour un soit disant chroniqueur, ce ne serait pas un luxe, fainéant va !). Parmi les choses fortes du disque (donc la quasi-totalité de l'album !), celui-ci s'ouvre sur les 9 minutes du langoureux "I surrender", soutenu par des arrangements de cordes classiques signée Ryuichi Sakamoto (hé oui, le même qui a composé les bandes originales des films "Furyo" et "The last emperor", rien à voir ici avec son "funk sushi", la dance-music made in Japan). Déjà, la voix au timbre unique de Mr Sylvian vous prend aux tripes, avant d'être relayée par la trompette de Kenny Weeler, clone sur ce titre du meilleur Mark Isham. Autre perle, "midnight sun" quant à lui est un pur blues mélancolique à souhait contenant entre autre des samples de "I'm wanderin" de John Lee Hooker, une bien agréable surprise ! Autre morceau, autre "climax", que dire des 8 minutes de ce "krishna blue" aux résonances indiennes quasi-oniriques (avec les tablas et percussions signées Talvin Singh, artiste de nationalité anglaise oeuvrant dans un registre musical "world", proche de la démarche du touche à tout Bill Laswell). Déconcertant de beauté ! "Ail of my mothers names" sera déconcertant lui aussi, mais d'une autre manière, avec ses guitares jazzy et psyché sur fond de musique planante (musique nouvelle ?) évoquant les expérimentations d'un autre trifouilleur de son, j'ai nommé le guitariste avant-gardiste David Torn. Quelques nappes de synthé venues d'ailleurs, quelques lignes de guitare lointaine, le son mystique du doudouk (flûte arménienne entendue sur l'intro de l'album "passion" de Peter Gabriel) et le disque s'achève dans un moment d'ultime pureté dont seuls quelques rares magicien du son ont le secret (cette conclusion m'évoque les meilleurs moments de son "Gone to Earth", qui ferait parti à coup sûr des 10 CD's que j'emporte­rais sur une île déserte !). Voilà quelques morceaux choisis de ce merveilleux nouveau disque de David Sylvian dont l'intégrité artistique n'a jamais eue à être remise en cause à ce jour (Depuis le début de sa carrière solo, le musicien ne s'est jamais compromis dans une quelconque déviance commerciale, et c'est tout à son honneur !). Un homme rare au service d'une musique rare. Vous l'aurez com­pris, voilà mon très gros coup de coeur du moment. Incontournable...

Philippe Vallin




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