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Asturias : Bird Eyes View (2004 - cd - parue dans le Koid9 n°58)

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La venue d'Asturias au Prod Sud me permet de revenir sur un sublime disque dont la chronique a été mystérieusement occultée à sa sortie 2004. Ce groupe japonais proposait là son 4ème album, un mini-CD de 25 minutes après "Circle in the forest", "Brilliant streams" et "Cryptogram illusions".

Asturias a toujours proposé une musique instrumentale, très classisante, où le piano prédomine. Si les deux premiers pouvaient évoquer Mike Oldfield période "Ommadawn", voire aussi Camel, "Cryptogram illusions" avec l'ajout du violon tendait beaucoup plus encore vers le classique. Avec "Bird eyes view", on peut dire que la musique proposée est plus proche du classique que du progressif, mais comme le progressif est déjà ce qui est le plus proche du classique, nous avons quoi qu'il en soit une oeuvre pour mélomane...

Asturias est un quatuor composé de deux femmes, Misa Kitatsuji au violon, Kaori Tsutsui à la clarinette et à la flûte à bec et deux hommes, Yoshihiro Kawagoe au piano et Yoh Ohyama à la guitare et au glockenspiel et à qui on doit toutes les compositions et les arrangements. En réalité, 3 des 5 morceaux sont des réécritures : "distance" et "adolescence" (de "Cryptogram") et "ryu-hyo" ("Brilliant streams").

"Adolescence"(4'20) est entre la fugue et un "Pierre et le loup" moderne (Prokofiev) ; très enlevé, gai, enchanteur, bucolique. La clarinette très champêtre et mutine traverse agréablement l'espace tissé par les autres instruments.

"Global network" (5'04). Un piano en fond et un violon déchirant, émouvant, d'une beauté poignante, ou comment la tristesse du violon peut provoquer d'autres échos. Le tout est précieux, guitare et piano adoucissant le pont avant que le violon ne revienne vous poignarder en plein cœur. C'est parfois bon d'avoir mal...

"Distance" (5'16). Un piano banksien en introduction puis qui évolue dans une sphère plus moderne, de même que le violon, Debussy voire Satie peuvent être mentionnés encore que les rythmes soient plus "modernes". Quelques sonorités de piano ou de violon pourraient être perçus comme jazz-rock par-ci par-là. J'avoue que les deux versions se valent...

"Bird eyes view" (4'49) est coloré à la façon des Hackett (Steve et John) voire au "Seven" de Tony Banks la première minute, puis un staccato au violon, vous hérisse la poil. Le jeu est splendide, l'émotion gagne, une voix féminine (Kanako Ito) se fait entendre en fond, enchanteresse telle une sirène, le violon égrène les dernières notes, trop tard vous êtes prisonniers d'une lampe magique où seule une Megumi Tokuhisa ne vous en sortira (Mais qu'est-ce que je dis ?).

"Ryu-hyo"(5'00). Après 30 secondes de guitare sèche en intro, le violon, le piano, la clarinette entrent à leur tour. Le jeu du piano fait penser à du Wakeman ; l'ensemble est très hétéroclite quant aux influences, le rythme allegro est classique italien, et outre des sonorités celtiques, le reste peut faire penser à du romantisme à la Malher. Le dernier mot en final est une guitare acoustique. Yoh Ohyama voulait revoir sa copie quant à ce titre, monsieur, chapeau bas !

D'une grande sensibilité, cette oeuvre fait preuve d'un immense talent de composition, et les musiciens époustouflants de toucher et le résultat est aussi raffiné que peut l'être leur cuisine !! Travaillées, riches et pourtant intelligemment dépouillées aussi, ces cinq pièces peuvent être classées néo-classiques. Leur musique toujours entraînante n'est jamais ennuyeuse ou redondante ; Allergiques au classique, ce qui doit être rare chez les fans de prog, ne vous détournez pas de ce "Acoustic Asturias" c'est un régal. Sublime et indispensable.

Bruno Cassan

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