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Tempest : Shapeshifter (2003 - cd - parue dans le Koid9 n°47)

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Lief Sorbye n'en finit pas de renouveler son groupe. Pour "Shapeshifter", il y a encore eu un grand nettoyage de printemps mais celui-ci a donné lieu à un album parmi les plus réussis du groupe, si ce n'est leur meilleur. A côté de Sorbye (chant, mandolines, mandolas, bouzouki, bodhran), il ne reste que le fidèle batteur Adolfo Lazo. Les deux hommes ont été rejoints par Ronan Carroll (guitares), Mark Skowronek (basse, chœurs) et Sue Draheim (violon, alto, chœurs). L'apport de Sue est particulièrement important car elle ajoute souvent sa voix à celle de Sorbye, tout en étant une violoniste particulièrement douée. La production de Robert Berry (qui ajoute toujours quelques claviers de temps à autre) est remarquable et on peut apprécier la qualité du jeu de chaque musicien.

"Shapeshifter" est un très bon album tout simplement parce qu'il regorge de mélodies fortes et variées, et qu'il y a un bon équilibre entre parties chantées et instrumentales. On retrouve toujours le mélange d'influences celtiques, norvégiennes et de rock, avec ici un soupçon de ballade pop acoustique (cf. le titre de Skowronek, "winter night"). Mais la couleur est sans doute légèrement plus traditionnelle cette fois et les arrangements davantage acoustiques, bien que les passages électriques et rock ne manquent pas. Tempest demeure un groupe assez énergique, tout en sachant conserver une certaine subtilité et une teinte mélancolique à l'occasion .

Bien qu'initialement signé sur Magna Carta avec une certaine volonté du label de les présenter comme un groupe cousin de Jethro Tull et progressif, Tempest ne se rapproche que d'assez loin de ces références, les influences de Sorbye étant plus directement folk-rock ou traditionnelles (ses groupes favoris sont Fairport Convention et l'Incredible String Band). Pourtant, Ronan Carroll est probablement le guitariste le plus proche de Martin Barre que le groupe ait eu au niveau du son ; ses guitares ne sont pas envahissantes ici mais son jeu bien fluide et délié est un autre atout de ce disque. Quant à l'aspect progressif, on peut dire que Tempest l'est parfois au sens large, car leurs medleys, où ils adorent mêler jigs et reels traditionnels avec des morceaux originaux par exemple, représentent parfois de beaux tours de force instrumentaux. Les nombreux changements intégrés dans des pièces qui ne dépassent souvent pas les 5 minutes forcent l'admiration, comme sur ces trois mélodies originales de Lief Sorbye fondues dans l'instrumental "catalina island". On appréciera aussi le final de 10 minutes, "the cruel brother", basé sur une chanson mélancolique et deux mélodies traditionnelles, plus une troisième composé par Draheim, qui concilie tous les aspects du groupe.

Tempest confirme donc ses qualités en nous offrant un mélange original, accessible et varié. Bravo !

Marc Moingeon




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