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Timothy Pure : Island Of The Misfit Toys (1999 - cd - parue dans le Koid9 n°31)

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Avec leur dernier album en date, le très calme et beau « blood of the berry », les américains de Timothy Pure (hé non ! il ne s’agit pas de "l’état-civil" du leader mais bel et bien du nom du groupe !) avaient déjà démontré de fort belle manière leurs qualités à œuvrer dans un registre "rock atmosphérique" cher au Marillion de l’ère Steve Hogarth.

Ce deuxième opus était d’ailleurs bien plus concluant que leurs premiers pas discographiques un peu maladroit, à savoir avec le gentillet "The fabric of betrayal" qui proposait une musique encore immature, sorte de croisement entre un Saga peu inspiré et un Rush mauvaise période. Aujourd’hui, les américains remettent le couvert avec un nouveau concept-album somptueux qui va encore plus loin que le "Blood of the berry" lui ayant ouvert la voie. En effet, à l’instar du "Brave" de Marillion , il n’y a pas besoin de lire les paroles ni de se plonger à fond dans le concept du disque pour comprendre que celui ci nous raconte une histoire, et cela au moyen d’une musique brillante et évocatrice. Tout les titres de l’album s’enchaînent pour composer une longue pièce unique maîtrisée de bout en bout. Les américains tissent tout au long des presque 70 minutes de musique que contient le disque une superbe fresque mélodique et atmosphérique, davantage basée sur les climats intimistes (qui autorise toutefois quelques incursions dans le grandiose !) que sur un quelconque art démonstratif tape à l’œil. Chaque composition est cependant un véritable travail d’orfèvre où rien n’est laissé au hasard : tout y est parfait, de l’écriture (mélodies au fort potentiel émotionnel) à l’instrumentation (superbes guitares, mises en valeurs et délicatement enveloppée dans de magnifiques nappes de synthés !). La voix (ou plutôt les voix !) de Matthew Still, qui assure également avec brio les claviers de l’album est parfaitement appropriée et intégrée à la teneur musicale de l’ensemble : le résultat sonnerait comme le meilleur David Gilmour accompagnant Simon & Garfunkel (plutôt envoûtant non ? ). L’ambiance nostalgico-déséspérée, les passages heavy et le timbre puissant de "H" mis à part, et je ne saurai mieux faire que de comparer ce disque à celui de la consécration hogarthienne, à savoir le sombre et magnifique "Brave". Ici aussi, on retrouve les nappes éthérées d’un Mark Kelly en grande forme créatrice, les soli émouvants de guitare au feeling gilmourien, les bruitages entre les morceaux, les intro planantes et j’en passe ! Bref, le progressif romantique dans toute sa splendeur, celui des grandes extases et des grandes émotions ! De plus, hormis le fait d’avoir réussi à nous offrir une musique raffinée et aboutie, Timothy Pure excelle dans la production de ce nouvel album au son dense et profond, mais également dans un sous genre nécessitant en général grands soins et gros moyens (on est très loin ici de certaines productions minimalistes et maladroites du courant néo-progressif) . Une chose est sûre, même si les Floyds revenaient , ils ne parviendraient plus à nous séduire et à nous émouvoir à ce point en cas de sortie d’une nouvelle galette surprise ! Mais bon, trêve de vieux dinosaures engraissés, laissons nous plutôt dériver dans le délicieux monde musical de cette bien fière relève où la séduction est assurée. Splendide !

Philippe Vallin





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