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Trion : Pilgrim (2007 - cd - parue dans le Koid9 n°64)

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On se souvient de "Tortoise", un album né à l'initiative d'Edo Spanninga, le claviériste de Flamborough Head et premier paru sous le nom de Trion, en 2003. L'objectif affiché alors était de mettre en exergue le mellotron (Trion étant une contraction de "trio" et "mellotron") au travers d'une musique demeurant moderne. Pour ce faire, Edo s'était adjoint les services de son excellent guitariste de Flamborough Head, Eddie Mulder et ceux de son beau-frère, Menno Boomsma, incidemment aussi batteur de Odyssice. L'essai avait été remarqué à tel point que la revue finlandaise Colossus avait proposé à Trion de contribuer à son projet "The Spaghetti Epic"  ; c'est ce qui fut fait et s'est traduit par un morceau de 25 minutes intitulé "Frank". Trion nous offre une version alternative, de 23 minutes, de ce morceau en bonus sur son CD "Pilgrim". Ça commence avec de la 12 cordes et des nappes mellotronesques violoneuses avant de changer d'ambiance et d'évoluer encore et encore, de manière kaléidoscopique avec force duels instrumentaux. Un morceau de bravoure prog se terminant comme il se doit par un final en apothéose.

Même si "Tortoise" était déjà très bon, dès que les premières mesures de ce "Pilgrim" vous pénètrent les étagères à mégots, on note les importants progrès réalisés en matière d'équilibre et de dynamique. Les guitares d'Eddie sont bien plus présentes et les sonorités de claviers plus riches et plus diversifiées. Il faut dire qu'en se limitant au seul mellotron, Edo se fermait pas mal de portes au risque de lasser l'auditeur (ce qui a dû se passer d'ailleurs). Ici, il nous sert aussi de l'Hammond, du piano et autres orgues et synthés et il faut bien ça pour pimenter cette musique assez mélancolique, plutôt lente et entièrement instrumentale. Les guitares d'Eddie, qu'on ne se lasse pas d'écouter (un jour, j'ai passé l'intégralité d'un set de Flamborough Head assis en tailleur en face d'Eddie, juste pour jouir de son jeu. C'était captivant.) font le reste. Acoustique, 12 cordes, basse, électrique, la palette de ses sonorités est très large. Il fait souvent pleurer son instrument, déchirant la nuit et le brouillard de son plat pays du nord battu par le vent. Et le beauf' Menno Boomsma, dans tout ça  ? Je dirais qu'il est aussi discret qu'efficace et sert au mieux ses deux collègues. La production est plus fouillée que sur le précédent, les sons plus clairs et nettement mieux détachés et les compositions sans doute un poil plus sophistiquées aussi. Un album tout en atmosphères et en paysages. A déguster au coin du feu.

Si la musique dans son ensemble est assez camélienne voire hacketienne et même un poil génésisienne, la pochette fait inévitablement penser à celle de "Going for the one" de Yes et il s'agit là d'un effet voulu par le groupe, après l'hommage rendu à Roger Dean du premier album.

Benoît Herr




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