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Twelfth Night : Voices In The Night (2007 - 2 cd - parue dans le Koid9 n°63)

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Compilation de morceaux inédits ou très rares d'un des groupes légendaires de la "nouvelle vague progressive anglaise" des années 80, "Voices in the night" est un double CD, concocté avec la complicité des membres du groupe et dont le concept était le suivant : faire figurer tout d'abord en studio, puis en concert, tous les chanteurs ayant enregistré avec le groupe (deux n'en ont en fait jamais fait officiellement partie) ! Sur le plan purement discographique officiel, il n'y a eu que le regretté Geoff Mann et Andy Sears. Twelfth Night a pourtant travaillé avec pas moins de quatre autres vocalistes ! Sans parler de leur période en tant que quatuor instrumental – dont il reste le désormais légendaire "Live at the target".

Le premier CD est consacré aux enregistrements en studio et dure plus de 75 minutes. Y figurent 3 titres avec la chanteuse Electra McLeod, un avec Ian Lloyd Jones, trois avec Geoff Mann, un avec l'éphémère Axe, trois avec Andy Sears et enfin quatre avec Martyn Watson qui lui succéda quelque temps en 1987, et tiendra également la basse à la place de Clive Mitten qui avait quitté le groupe…

Aucun morceau n'a jusque là été publié en CD, pas dans les versions proposées en tout cas. Car bien évidement, une partie des titres (parmi les live, essentiellement) sera connu des amoureux du groupe. Mais il arrive qu'ils ne soient pas interprétés par le même chanteur ("art & illusion" par Mann, par exemple) !

Electra avait une voix relativement grave et profonde. TN a toujours mêlé des influences post-punk et new wave à son héritage progressif, ce qui le mettait vraiment à part de ses collègues Marillion, Pallas et Pendragon. La chanteuse convient à merveille à ce style. Les morceaux sont intéressants, non dénués de quelques maladresses mais à la fois originaux, mélodiques et complexes, notamment "abacus" et "keep the apisdistra flying", deux des rares titres à dépasser largement les 6 minutes sur cet album. Geoff Mann, avec son style plus proche de Bowie que de celui de Peter Gabriel, reste leur chanteur le plus expressif et le plus émouvant. Andy Sears est plus dramatique (et parfois un peu limite au niveau justesse en live, mais il n'est pas le seul, hélas).

Ian Lloyd-Jones chante avec un timbre clair et medium, guttural, typique du genre new wave, pas trop puissant.

Par contre, le "don't make me laugh" chanté par Axe, au timbre encore une fois typiquement "new wave romantique" avec batterie synthétique et claviers futuristes est un remake d'un autre titre par Geoff Mann… aux connaisseurs de deviner d'après le seul titre !

Avec Andy Sears, seul froid et caricatural "piccadilly square" est connu - dans une version différente. Les autres morceaux sont courts et caractéristiques de cet aspect plus commercial (mais pas assez pour les radios), largement présent sur l'album éponyme de 1986 sur Virgin. Pas désagréable, parfois même entêtant ("I am"), sans plus. Les 4 morceaux avec Watson restent dans la même veine, une new wave sophistiquée et très mélodique, enjouée et dynamique (meilleure que sur "XII Night", en fait). Avec des claviers mixés plus en avant, ces morceaux sonneraient encore mieux.

Les enregistrements sont souvent très valables, parfois plus limités (les quatre titres avec Watson, notamment).

L'énergie du groupe, les solos de guitare incisifs et lyrique au son métallique d'Andy Revell, les claviers futuristes de Rick Battersby et la rythmique de Clive Mitten (basse, claviers, guitare classique) et de Brian Devoil (batterie) forment un ensemble immédiatement reconnaissable… Ici, point de clone de Genesis, et pas plus d'imitation d'OMD ou Ultravox… leur inspiration est perceptible mais le résultat est toujours resté personnel et varié à la fois

Le second CD est exclusivement composé de titres live. Sur les 12 autres morceaux, 3 sont chantés par Sears, 3 par Mann (dont le rappel de son dernier concert avec TN au Marquee, manquant sur "Live and let live"), 4 par Watson, et le dernier par Mann et Watson ensemble ! Les "doublons" sont surtout les 4 morceaux avec Watson sur le CD 1, ici repris en répétition et augmentés d'un cinquième inédit réussi. Le son est d'ailleurs un peu moyen mais plus percutant que sur les versions studio.

La qualité sonore est inégale, avouons le, mais pas mauvaise. Parmi les bons moments, notons aussi le long "take a look" de plus de 11 minutes, un des morceaux les plus intéressants pour les amateurs de progressif, où le groupe arrive à reproduire l'effet des multiples parties vocales de la version studio.

"Voices in the night" est peut-être inégal au niveau des compositions présentées mais,ce double album, normalement vendu pour le prix d'un simple, constitue un must pour les fans du groupe et également un complément très intéressant pour les autres.

Marc Moingeon




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