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Unitopia : More Than A Dream (2005 - cd - parue dans le Koid9 n°62)

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Unicorn Digital réédite cet album qui date initialement de 2005 mais qui n’avait hélas pas bénéficié d’une distribution digne de sa valeur. Il faut dire qu’Unitopia nous vient tout droit d’Australie. Il lui a donc fallu un temps certain pour franchir mers et océans.

Leur musique s’inscrit dans une sorte de pop-rock sophistiquée qui apprécie de se vautrer dans de fréquents épanchements instrumentaux. Il faut dire qu’ils s’y sont mis à 7 et sont appuyés par un orchestre symphonique sur quelques titres. Et cela ne serait rien sans une production sans faille qui mette en évidence chaque détail, et ce contrat est bien rempli. Les amateurs du meilleur Alan Parsons devraient apprécier.

Dès les premières notes, on a la confirmation qu’il est possible de faire une musique efficace et riche à la fois. On pense au départ à Saga ou Arena sur l’introductif bien balancé "common goal". Ce qui frappe immédiatement, c’est la qualité du chanteur Mark Trueack. On déniche rarement dans notre petit monde un timbre aussi particulier et qui en plus, est incarné par une personne qui sait bien s’en servir.

Le morceau "justify" qui écrase le reste du disque du haut de ses 13 minutes, est aussi un sommet artistique. Si vous aimez "digging in the dirt" de Peter Gabriel et son groove impeccable, nul doute que vous serez rapidement happé par le premier thème de "justify", d’autant que par moments, la voix de Mark se rapproche de celle du légendaire british. Au moment du refrain, on songe alors à un groupe un peu silencieux actuellement, mais qui officie dans une catégorie proche d’Unitopia : It Bites. On a ensuite droit à des développements passionnants, agrémentés de solos d’orgue Hammond, de quelques bons riffs, ce qui n’empêche pas d’aborder une certaine mélancolie. Le chant est vraiment remarquable et on a la démonstration que le schéma habituel à base de couplets, refrains et ponts, s’il est utilisé de la bonne façon, peut aisément séduire l’amateur de progressif.

"Take good care" qui annonce plus de 8 minutes est plutôt surprenant : l’entrée en matière est entièrement jouée par un orchestre symphonique, puis on bascule brutalement vers de la pop à l’africaine façon Johnny Clegg ! Aussi étrange que cela puisse paraître sur l’instant, on comprend par la suite que c’est l’opposition entre 2 mondes qui est mise en évidence. Comme le prouve le refrain "take good care of this world", sorte d’hymne à l’universel, pacifiste et écolo.

L’autre plage que je voudrais mettre en exergue est "slow down" et ses 8 minutes au compteur. L’idéal est d’écouter ce morceau au casque pour en saisir tous les détails, car cela commence en douceur, tout en ambiance. Après une montée en puissance et une accélération du rythme, on est submergé par des nappes de claviers à vous faire frissonner de plaisir. Un nouvel hymne écolo se prépare comme le prouve le leitmotiv : "time is running up for planet earth". Suivent passage habité au piano, ampleur orchestrale, chant entrelacé, ainsi que quelques bruitages, avant le retour au thème initial. De la belle ouvrage, vraiment.

Le reste du disque est certes moins développé en durée, mais fait toujours preuve d’une grande ambition formelle, comme le prouvent l’inclusion d’éléments ethniques (les percussions sont particulièrement soignées), quelques habillages apportés par l’orchestre symphonique mais sans excès, et on a même du Mellotron sur "lives go round".

On tient là un bien bel album, finement ciselé, qui sort un peu des sentiers battus du progressif pur jus, mais qui devrait s’y faire une place bien marquée. Ne soyez pas les derniers à faire leur connaissance.

Michael Fligny

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