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Rick Wakeman : The Yes Piano Variations (2002 - cd - parue dans le Koid9 n°44)

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Voici deux albums de piano classique de Rick Wakeman. Le premier contient des variations sur des thèmes classiques, et non pas des interprétations fidèles (cf. l’interview parue dans le n°39 où Wakeman disait ne pas vouloir se consacrer à répéter de vraies interprétations du répertoire classique). C’est pourtant l’occasion de retrouver Rick dans le style qui lui convient le mieux à mon avis. "Classical variations" reprend en une heure dix pièces de façon plus ou moins fidèle. Certaines sont à l’origine chantées, comme le fameux "largo" du "xerxès" de Haendel, "oh, my beloved father" de Puccini ou la superbe suite de 10 minutes extraite de la "symphonie du nouveau monde" de Dvorak (celle où interviennent les chœurs en particulier), concluant en apothéose un album à nul autre pareil, qui n’a rien d‘un disque d’ambiance. A part ceci on retrouve encore un autre extrait d’un opéra de Haendel, le "Cygne" de Saint-Saëns, la "Pavane" et la "Berceuse" de Gabriel Fauré, ainsi que l’extrait de la "Sonate pathétique" de Beethoven (un peu facile celle-ci) et la "Méditation" de Massenet, dans une version vraiment superbe et sensible.

Depuis longtemps, Rick Wakeman possède ses recettes au piano : arpèges très fluides, cascades cristallines et bien sûr on retrouve ce type de motifs sur "Classical variations" qui sont un peu sa marque de fabrique. Mais on voit aussi le véritable pianiste classique avec toute sa maîtrise technique et sa virtuosité transparaître tout au long de ces dix morceaux. Curieusement, Wakeman a évité des pièces plus nerveuses et l’album baigne souvent dans une certaine mélancolie mais cela ne signifie pas pour autant des versions lénifiantes faites pour passer en musique d’ambiance dans les ascenseurs (même si certains le penseront bien sûr) ! C’est un album sensible, plein de délicatesse et de lyrisme, à mi-chemin entre la musique classique et un certain néo-classicisme. Un de ses plus beaux.

"The Yes piano variations" est sorti plus récemment et je le conseille vivement plutôt que les deux mélanges bâtards déjà parus sous les titres "the Yes variations  I et II". En effet les morceaux arrangés pour synthés avec Alan Thompson à la basse et Tony Fernandez à la batterie sont ceux datant de 1993 et qui figurent déjà sur l’album toujours disponible "Greatest hits", un double CD qui est tout sauf une compilation !

Cette version regroupe en fait les 6 nouvelles reprises du répertoire de Yes enregistrées récemment sur un piano de concert Steinway, soit en solo soit en duo (avec lui-même !) et la plupart du temps, les arrangements complexes de Yes méritent bien deux pianos pour être transposés !

Dans le même esprit que Guddal et Matte avec Genesis mais en les développant davantage, Wakeman transfigure complètement les morceaux, mis à part peut-être "the meeting" de ABWH qui reposait déjà largement sur le piano. En moins de 45 minutes, il nous offre par la même occasion quelques chefs-d'œuvre inattendus comme ce "your move" sorti de "The Yes album" où il improvise magnifiquement, ou encore "awaken" plus difficile à reconnaître, mais c’est tant mieux car il s’agit presque d‘un nouveau morceau très réussi. Pareil pour "close to the edge" réduit à moins de 8 minutes et sans citation de "I get up I get down" mais où le claviériste a fait un travail d’adaptation splendide. On retrouve tous les autres thèmes où la guitare de Howe dominait souvent, dans un climat très différent.

Et "long distance runaround", très fortement rallongé, conclut en beauté cette série originale et très aboutie, bien supérieure à ce que Rick avait sorti en 1993.

Sur ces morceaux, c’est toute la virtuosité de Wakeman qui se déploie, avec une aisance et une légèreté qui sont désormais légendaires sur cet instrument classique. Loin des débordements de ses synthés dont on apprécie plus ou moins les sons, le pianiste nous fait redécouvrir ces classiques (du rock progressif !) avec beaucoup de classe et d’imagination et sans esbroufe inutile. Et ce n’est pas une mince affaire que de faire revivre les mélodies vocales d’Anderson, les parties de guitare de Howe, ses propres orchestrations de claviers et la rythmique si complexe du groupe !! C’est pourtant toute la beauté et le talent de Yes et de Rick Wakeman que l ‘on peut apprécier ici. Respect…

Marc Moingeon




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