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Robert Wyatt : Solar Flares Burn For You (2003 - cd - parue dans le Koid9 n°48)

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La couverture médiatique dont ce cher Robert Wyatt bénéficie est paradoxalement assez grande pour empêcher le simple quidam de voir tout ce qui se cache encore derrière la carrière de ce grand monsieur. On parle certes de Soft Machine (au sein duquel il fut batteur jusqu’en 1971) et de "Rock bottom" (1974) considéré encore aujourd’hui comme un chef d’œuvre absolu. Mais jamais il n’est question de l’Ecole de Canterbury, de tous les groupes et leur musique qui en découle. Pendant que les médias officiels s’attardent donc sur le dernier album "Cuckooland", parlons plutôt de ce joyau que Cunéiform vient de sortir. "Solar flares burn for you" est une série d’archives soit personnelles soit issues de la caverne d’Ali Baba de la BBC dont la qualité sonore est pour le moins exceptionnelle. On pourra entendre par exemple des versions dépouillés de deux morceaux de "Rock bottom" ainsi qu’un autre extrait de "Ruth is stranger than richard" (1975) enregistrés le 10 Septembre 1974 pour le compte de la BBC. On trouve également une autre session pour la radio anglaise enregistrée six mois avant l’accident survenu en Juin 1973 et qui obligea Wyatt à vivre avec une chaise roulante depuis lors. Ici Wyatt, accompagné par l’ex-claviériste de Curved Air Francis Monkman propose une version alternative d’un morceau écrit par Richard Sinclair pour son groupe Hatfield And The North ainsi qu’un autre extrait du dernier album de Matching Mole "Little red record" (1972). Les autres titres plus anecdotiques sont un hommage à l’américain Danny Kaye. Arrive alors ce drôle de morceau expérimental (mais très supportable) qui donne ainsi son nom à cet album et qui est aussi le titre d’un film, expérimental lui aussi (décidément) réalisé en 1973 que l’on peut voir en format quick time en guise de bonus. Tout cela nous dévoile enfin, en quelque sorte, le chaînon manquant qui persistait entre Matching Mole et "Rock bottom". On remarquera par exemple que Wyatt n’avait pas attendu d’être dans sa chambre d’hôpital pendant l’été 73 pour changer son style musical vers celui qu’on lui connaît aujourd’hui. C’est à dire cette musique venue de nulle part où son auteur s’est volontairement débarrassé de ses multiples influences. Pour finir, trois morceaux plus récents dont deux plutôt dans un style jazz techno façon Miles Davis issus de sessions partagées entre les home studio de Robert Wyatt et de son ancien compère de Soft Machine Hugh Hopper. L’album s’achève enfin avec un titre inédit qui aurait bien pu figurer sur "Cuckooland". C’est ce qu’on appelle un bonus gentiment donné par Wyatt pour Cunéiform. Il va s’en dire que 2003 sera pour notre homme un très bon cru.

Patrick Robinet




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