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Wicked Minds : Witchflower (2006 - cd - parue dans le Koid9 n°60)

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J'avais encensé "From the purple sky", le précédent album de Wicked Mind et c'est avec avidité que je découvre son successeur: "Wichflower". Un livret "pourpre" découvre le visage radieux d'une pin-up italienne semblant toute droite sortie du début des seventies. Dans les remerciements nombreux, je remarque que j'apparais au nom de " Koid'9 - France" à la seconde position: diantre, je suis flatté! Ils ont apparemment apprécié ma chronique et l'interview qu'ils m'avaient accordée.

Que vaut "Witchflower"? Ce second album officiel (et quatrième si l'on compte les deux albums de jeunesse précédents) est encore meilleur que "From the purple sky": mieux produit et plus facile d'accès. Chaque titre est un standard potentiel dans le genre "hard prog à tendance psyché". Si vous aimez Uriah Heep et Deep Purple, circa 70-72, nul doute que vous allez adorer cet album de Wicked Minds, car notre quintette italien transcende l'art de ces deux combos britanniques en y incorporant des influences d'artistes plus prog comme Pink Floyd , ELP, Jethro Tull ou encore King Crimson. Les transalpins semblent n'avoir rien écouté de postérieur et cela peut poser un problème à tous les amateurs de nouveautés sonores. Vous aimez le jeu d'orgue, de moog et de mellotron de Keith Emerson , de Jon Lord ou de Ken Hensley, nul doute que vous allez craquer sur la prestation de Paolo " Appolo" Negri , leader omnipotent du groupe. Toutes les musiques sont de lui, tandis que le chanteur (et accessoirement guitariste acoustique) JC Cinel écrit toutes les paroles. Son chant est très mélodique, pas obligatoirement agressif, ni vraiment puissant mais au registre très étendu: il rappelle celui du regretté David Byron (Uriah Heep ). La rythmique (Andrea Concarotti à la batterie et Enrico Garilli à la basse) est traitée de manière dynamique et légère, ce qui tranche des productions hard prog actuelles. Quant au guitariste Lucio Calegari, son jeu protéiforme peut être tantôt turgescent (comme Jimi Hendrix ) et tantôt lyrique (façon David Gilmour ). A noter qu'un excellent flûtiste/saxophoniste du nom de Giani Azzali apparaît sur plusieurs morceaux. Wicked Minds est par conséquent une formation vintage.

12 titres figurent au programme, allant du pur hard-rock (l'agressif titre d'ouverture "through my love", dont la composition date de 1993, réenregistré pour l'occasion; le très "easy livin' " "here comes the king"...) au prog costaud et symphonique. C'est là que Wicked Minds s'avère le plus doué. A noter plusieurs titres très élaborés qui relèguent Heep et Purple au rang de petits joueurs: "a child and a mirror" (7mn : une sublime ballade qui monte en intensité), "before the morning light" (8mn : intro pompeuse et hard psyché dans le genre de Warhorse et de Bloodrock ), "black capricorn fire" (du jazz façon Dave Brubeck avec un flûte tullienne s'achevant de manière ultra lyrique), "sad woman" (9mn : Uriah Heep à son paroxysme avec des percussions dignes d' Osibisa) et "scorpio odyssey" (une fresque dramatique de 13mn dans le genre de Discipline avec un saxophone malsain). A côté de cela vous trouvez un grattouillage de guitare sèche à la Steve Hackett ("the court of the satyr"), une ballade acoustique flûtée dans le genre d' Antony Phillips ("burning tree"), plus quelques autres brûlots que n'auraient pas renié Ritchie Blackmore et Jon Lord. En parlant de ces deux gus, sachez que l'album s'achève par une reprise exceptionnelle de "soldier of fortune" de Deep Purple. Cette chanson déjà excellente est transcendée par un arrangement superbe qui double sa durée initiale. Des solos à foison faisant référence à ELP ("take a pebble" et "lucky man") et à Pink Floyd ("confortably numb") émaillent ce standard de 1974. Piano, moogs et Mellotron, ainsi que guitare lyrique renforcent la mélodie enchanteresse de David Coverdale. Et cette version s'achève par un boléro endiablé qui rappelle "child in time". Du grand art !

En bonus de l'album, vous trouvez un DVD... qui n'a que valeur de document. Il faudrait donc plutôt parler de DVD "malus" : deux concerts filmés en plan fixe du fond de la salle (avec son pourri et spectateurs qui passent devant la caméra), 3 vidéos amateur en super8 (celle de "from the purple sky" avec les deux italiennes qui se roulent des pelles pendant que le groupe répète dans un local décoré d'affiches de Deep Purple vaut son pesant d'or). Bah, ils auraient du se limiter au CD. En 70mn, Wicked Minds réussit à combler mon bonheur. "Witchflower" est pour moi l'album de l'année. Loin devant les Jack Foster, Spock's Beard, GPS et Proto Kaw que j'aime pourtant beaucoup.

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