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Yole : Lead Us Away (2006 - cd - parue dans le Koid9 n°60)

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Un des aspects positifs de la mondialisation, pour ne pas dire le seul, est qu’il n’est pas nécessaire d’être originaire d’une région du monde pour utiliser ses instruments typiques et pour en restituer l’essence profonde. Cela les français de Yole l’ont bien compris, puisque les sonorités orientales et plus précisément indiennes (sitar et tablas) sont très présentes à travers cet album. On pense par exemple à ce que George Harrison avait apporté à son époque au son des Beatles après s’être entiché de l’Inde, aussi bien spirituellement que musicalement. L’autre facette, pour l’instant assez distincte de la précédente, réside dans la tonalité des premiers Genesis, ou plus précisément du premier album solo de Steve Hackett "Voyage of the acolyte", du fait de la présence en retrait des claviers face à la guitare, du jeu de guitare en lui-même et d’une flûte délicieuse qu’on croirait jouée par frère John Hackett : il en sort des mélodies soyeuses et toujours splendides. Comme la belle pochette et les tires le suggèrent, mais aussi l’enchaînement de tous les morceaux, nous sommes conviés par ce "lead us away" (Emmenez-nous au loin) à une sorte de voyage vers des rivages lointains et dépaysants. Cette idée est accentuée par quelques thèmes récurrents et différents bruitages qui reviennent au cours du CD : bruits du rivage maritime, chants d’oiseaux. Cela commence et se termine par de une guitare acoustique qui nous renvoie à notre ami Steve Hackett. Puis les 2 versants musicaux que j’ai décrits précédemment alternent au gré des vents et du parcours. La musique est presque entièrement instrumentale, mais quelques parties chantées dans un anglais moyen (quelques "ze" sont perceptibles et donc … perfectibles) se font entendre, n’apportant pas toujours grand chose à mon avis sinon des réserves, excepté lors de l’emploi de vocalises (des Aah et des Ouuh, si vous voyez ce que je veux dire ; je précise que je ne confonds pas avec la bande son de mon porno favori …), ou encore dans "on the sun part 2" où la mélancolie exprimée par la voix du chanteur s’intègre parfaitement dans le propos musical. De toute façon il est très peu présent, servant juste de liant à l’intérieur des morceaux. C’est quand même un point à améliorer. Parce que pour ce qui est de la musique, j’ai vraiment été séduit. Ce disque laisse une impression de quiétude et de fraîcheur très appréciables. Cependant je suis réservé sur les 2 derniers morceaux qui me donnent une vague impression de remplissage : "nowhere" nous propose en 4 minutes un collage de petits bouts pris dans plusieurs morceaux de l’album sur un fond de bruit de mer, à la manière de ce que les Who avaient fait dans "Quadrophenia", et puis "elsewhere" est une pièce à la guitare acoustique molle et inconsistante. Cela donne à penser qu’ils ont été ajoutés pour parvenir à la durée totale de 47 minutes. Cela dit, le reste fait rapidement oublier ce défaut de jeunesse et j’apprécie tout particulièrement "on the sun part 2" (au fait, où est passée la "part 1" ?), le sommet de l’album, avec son rythme de percussions entêtantes, ses chœurs, sa flûte, ses passages bucoliques, son chant mélancolique à souhait, ce …, mais pardon je m’emporte. Voilà une première œuvre très singulière et rafraîchissante, à découvrir avec les yeux fermés et les sens en éveil.

Michael Fligny




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