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Camel : Total Pressure - Live In Concert 1984 (2007 - dvd - parue dans le Koid9 n°61)

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Je n’avais pas vu cette vidéo, mais il s’agit ici de la réédition en DVD et en version rallongée de "Pressure points - Live in concert", après suppression des séquences de mauvais goût de la première édition VHS/DVD (acteurs interprétant le concept de l’album), et avec l’ajout des 3 morceaux de "Nude" qui manquaient au concert. En bonus on y trouve 4 autres morceaux, sans doute joués pendant les rappels, ainsi qu’une brève interview d’Andy Latimer. Le concert est donc celui de l’Hammersmith Odeon enregistré en 1984 et qui avait aussi été édité en album live. A l'époque, Polygram avait "effacé par erreur" des parties du concert, tout en indiquant que ces prises de vues étaient trop "sombres" pour être éditées... Le groupe était heureusement en possession de copies de la bande vidéo, sur la base desquelles le DVD a pu être complété et je ne trouve pas les séquences en question si sombres que ça...

Le personnel ici présent est constitué de : Andrew Latimer (guitares, flûtes et chant), Colin Bass (basse et chant), Paul Burgess (batterie), Chris Rainbow (chant et claviers), Ton Scherpenzeel (claviers) et enfin Richie Close (claviers). On peut s’étonner de trouver 3 claviéristes, mais la répartition est la suivante : Ton est le principal soliste, Richie lui vient en soutien pour les parties plus touffues et quelques soli, et Chris se contente la plupart du temps de plaquer des accords pour combler les périodes où il ne chante pas, car c’est surtout pour sa voix qu’il est présent. Mais apparemment l’équipe de montage vidéo est époustouflée par sa façon de jouer car on le voit tout le temps, au détriment des autres. Au passage, Chris Rainbow s’appelle initialement Chris Harley et a participé à plusieurs albums de Jon Anderson et d’Alan Parsons Project, ce qui permet de situer un peu son style de chant.

1984 étant l’année de la sortie de l’album "Stationary traveller", il est donc normal de le voir représenté ici par 8 morceaux dont le très émouvant morceau-titre. Mais heureusement viennent ensuite les albums "Nude" (3) et "The snow goose" (3). Tous les autres albums de la carrière de Camel sont aussi représentés par 1 titre chacun (excepté le pourtant très bon "Moonmadness" et le dispensable "Breathless").

Commençons par évoquer la période à laquelle se situe cet enregistrement : il s’agit de la phase la plus commerciale du groupe, avec une plus grande place laissée au chant, des morceaux plus simples et ramassés en durée. De plus la batterie est typique de l’époque, semblant limitée à deux sonorités : le "poum" et le "tchak", le tout avec un son très plat ; bref c’est plutôt beurk de ce côté-là. On s’en rend encore plus compte lors de l’interprétation des anciens morceaux : quelle différence avec les versions d’origine ! Les sonorités de claviers sont plutôt ancrées dans les années 80, mais ils sont joués avec tellement de talent que cela passe bien à mon goût.

L’image est correcte mais n’est pas d’une grande netteté et le son reste assez moyen, ce qui donne un résultat en dessous des standards actuels. Les prises de vues laissent supposer qu’il y avait un nombre raisonnable de caméras, mais leurs manipulateurs n’étaient pas très inspirés dans leur cadrage : ils s’évertuent à filmer essentiellement les visages. Quand par hasard ils cadrent d’un peu plus loin, il manque toujours une partie des doigts des musiciens. Le montage est lui aussi désastreux : au cours des soli, on n’est pas toujours sur le bon musicien, et quand par mégarde cela arrive, hop! on zappe rapidement sur un autre. Les plus défavorisés dans ce traitement sont Andy Latimer (un comble !), mais aussi Ton Scherpenzeel , l’excellent clavier du très bon et néanmoins méconnu groupe hollandais des années 70 du nom de Kayak, qui continue d’ailleurs actuellement à produire de bons opéras rock ("Merlin" et "Nostradamus"). Pendant ses interventions, soit la caméra l’ignore, soit elle se pose sur un des ses collègues qui fait de la figuration (surtout Chris Rainbow qui a la chance de se trouver au premier plan), soit elle "oublie" de filmer ses doigts pourtant si agiles. Par contre, rien ne nous est épargné des célèbres grimaces d’Andy, qui comme à son habitude vit très intensément sa musique (à ce sujet il est recommandé aux parents d’éloigner leurs plus jeunes enfants pendant la projection, et de ne pas essayer de reproduire eux-mêmes ces grimaces ; la production décline toute responsabilité suite à une paralysie faciale irréversible résultant de la mauvaise utilisation de ce DVD). Et je ne parle pas des nombreuses prises de vue où on voit le musicien de dos…

Après tous ces compliments vous pourriez en déduire qu’il faut oublier ce DVD, mais ce n’est pas tout à fait juste, car il reste l’aspect purement musical qui lui mérite le détour. Les morceaux bénéficient de nombreuses fioritures musicales et Colin Bass se donne vraiment à fond (basse et chant). Le public n’est pas très présent et les transitions entre les morceaux ont été coupées. Certaines interventions de Mel Collins au sax m’ont parues décevantes, mais c’est surtout dû aux choix des morceaux à interpréter. Peter Bardens fait une apparition à l’orgue pour les morceaux de "The snow goose" et ce son très chaud fait du bien.

Je ne voudrais surtout pas être vache avec le chameau, mais ce n’est sûrement pas le meilleur DVD de Camel. On s’intéressera d’abord à "Coming of age" et "Camel footage I et II" qui bénéficient d’une meilleure qualité musicale et visuelle. Le groupe a vraisemblablement fait le maximum, dans les limites du possible, pour valoriser l’objet et c’est avant tout un témoignage intéressant de près de 2 heures sur cette période particulière de la carrière de Camel.

Michael Fligny

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