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Aether : Visions (1999 - cd - parue dans le Koid9 n°31)

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1999 aura été une année particulièrement productive en matière de progressif sud-américain, et une fois n'est pas coutume, marquée par le sceaux de la quali­té (en témoignent les Codice, Nexus, Pablo El Enterrador et les dernières livrai­sons des prolifiques mexicains de Cast). Aether n'échappe que très relativement à la règle, affichant quelques défauts certes mineurs, mais suffisants à modérer notre enthousiasme et faire émettre quelques réserves sur le contenu du présent CD. Celui-ci est donc le fruit du travail d'un groupe d'amis musiciens se connai­ssant depuis pas mal d'années (une vingtaine si on se réfère au livret de l'album) qui ont laissé mûrir leurs visions avec le temps pour aboutir à la compo­sition collective de celles-ci. Bref, voilà donc un processus de création tout à fait démocratique, sans leader aucun ni parano de service pour imposer sa propre orientation et son despotisme musical. Bizarrement, même si l'intention de départ est positive, le résultat final en paye quelque peu les pots cassés. En effet, cette oeuvre globalement instrumentale (qu'on pourrait qualifier de "new-age pro­gressive") souffre de quelques maladresses dans sa construction et son interprétation ainsi que d'un manque global de fil conducteur (on ne sait pas toujours où on va à travers les compos).Dommage, car les bonnes idées et les passages lu­mineux ne manquent pas ! Heureusement pour l'auditeur, les choses vont en s'ar­rangeant au fur et à mesure que la musique se dévoile, et au bout de quelques écoutes, l'ensemble s'avère être plutôt convainquant, voir attachant. Après une très belle introduction atmosphérique aux textures planantes (entre Eloy et Vangelis), on se retrouve malheureusement embarqué dans un titre maladroit au solo de guitare mal ficelé, au chorus léger et à l'aspect vaguement démo ("au­tumn"). Les choses vont bien vite en s'arrangeant, et cela dès que le groupe s'échappe dans un style plus rock et typiquement symphonique ("a new bright day", "kings & knights"). Mais l'oeuvre, aussi ambitieuse soit-elle, ne décolle vraiment jamais (au sens "grandes envolées" du terme !), se voulant plus climatique qu'aventureuse, avec toutefois un côté "cinéma" bien appréciable (narrations, bruitages, ambiances naturelles, passages orchestraux ...) évoquant à la fois fresque médiévale et film de science-fiction (l'incroyable et impressionnant "voices from the past" nous replonge de manière très réaliste dans les fameuses scènes du monolithe de "2001 : l'odyssée de l'espace"). La partie finale de ce sympathique album est quant à elle magnifique et très réussie, avec son violon électrique poignant et aérien ("the lake", "the wood") évoquant le meilleur de l'oeuvre d'un Kevin Braheny (synthétiste de l'école californienne de New age et autres musiques électroniques). Détail amusant, "the océan", le tout dernier morceau du disque est la copie conforme sur le plan mélodique d'un titre du compositeur Richard Burmer, autre fer de lance de la musique new age américaine grand public (mais de qualité ! On est encore assez éloigné de l'"easy-listening" !). On dirait bien qu'il n'y a pas photo quant à certaines influences du groupe ! Pour terminer, je dirai donc que nous avons affaire avec ces "visions éthérées" à une oeuvre tout à fait charmante, certes pas indispensable, mais que je recomman­derai aux amateurs de rock planant doucement symphonique et autres rêveries propices aux belles émotions. Les inconditionnels exigeant de grosse techni­que musicale et d'art démonstratif en tout genre en seront quant à eux pour leurs frais !

Philippe Vallin




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