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Coheed & Cambria : Neverender - Children Of The Fence Edition (2009 - 4 cd / 5 dvd - inédit (non parue dans le Koid9 papier))

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COHEED AND CAMBRIA Neverender – Children of the Fence Edition  (4 CD live + 5 DVD)

Columbia Sony 2009

« Jouissif mais hors sujet », voici un élément concernant Coheed qu’avait employé notre confrère Olivier « Loulou » Delooz dans Progrésiste n°41 en 2005 (année suivant celle de la publication du 2e album de ce combo new-yorkais). J’ai un peu envie de vous montrer que ce n’est ni l’un ni l’autre (Loulou avait déjà montré que ce n’était pas hors sujet, d’ailleurs la chro était bien dans l’Actu prog).

Voilà pour une fois, l’occasion s’est présentée pour moi de voir des vidéos de concert, après avoir osé acheter le coffret « Neverender » à 30 euros à l’état neuf dans une boutique d’occases de Nantes, sans avoir rien écouté du groupe. Le disquaire m’a dit que c’est selon lui du prog. Je lui ai même fait lire l’article de Loulou ! Quand je lui ai demandé si ça l’est moins que Dream Theater, il a quand même confirmé. J’avais alors l’intuition qu’il y avait moins de claviers.

Une belle boîte de plus de 27 cm de côté (plus de 4 d’épaisseur) avec une illustration selon moi assez typée « metal » arborant une libellule géante, un contenu plutôt dense : 4 CD, 5 DVD (les 4 concerts, cf. ci-après, et un docu), un beau livre de photos à couverture gaufrée noire avec dorure et… encore une libellule (19 cm d’envergure), cette fois une figurine dorée dans son écrin de mousse noire. C’est un produit d’assez large diffusion (Columbia Sony, mars 2009).

Alors quand on joue méticuleusement dans l’ordre, quatre soirs de rang, l’intégrale des quatre albums studio devant un public forcément constitué de fans, je crois que c’est un assez représentatif. Jouissif ? Si l’on veut. Moi je vois une horde de « gamins » (la vingtaine ; j’ai quarante ans) qui « pogottent » (ça s’écrit comme ça ?) tant que plus, chantent à tue-tête et surtout qui supportent, tels des Atlas, le poids d’un nombre indéterminé et invraisemblable de leurs compagnons de concert au-dessus de leur tête tout au long des spectacles. Et ça vous étonne que je n’aille plus aux concerts de rock quand je vois ça ? Bon, mais beaucoup (pour ne pas dire presque tous) chantent avec enthousiasme.

Mais tout cela manque franchement de symphonisme, de développements instrumentaux, de parties acoustiques… pour le petit progueux que je suis. Je dirais surtout que ça manque de… planant ! C’est que ces drôles (même certains filles s’y collent !) qui réussissent à « flotter » au-dessus de l’audience, ils n’aspirent qu’à planer en fait (en faîte, en fête ? Mais pas au fond !), moi j’vous dis ! Triste époque que notre ère Bush-Berlu-Sarko (j’en passe et des plus minables) ! Tout cela me paraît bien brutal. On est quand même loin des envolées à la Jon Anderson ou à la BJH, pas vrai ? Allez, Steve H., marchand de bonheur, tiens bon, toi aussi !

Bon et alors (je n’ai pas dit et à Laure !), c’est quoi, ce groupe ? Comment ont-ils pu obtenir le soutien d’une telle maison de disques ? Qu’est-ce que c’est que ce truc de jouer les albums « à la concept » au lieu de faire son best-of en live comme tout le monde ? Ils se prennent pour qui ? Ben il y a quand même quelque chose de conceptuel en effet. En clair, leur premier album prend l’histoire au vol, à sa partie 2, son titre (2nd Stage Turbine Blade) et son design (la libellule !) représentant une évocation secrète du père de Claudio Sanchez, leader du groupe (paroles, chant et guitare) : l’évocation d’un ouvrier (dans la métallurgie, j’imagine, vu le titre) happé dans l’enfer de la drogue (dans le DVD docu, Sanchez dit que la libellule, « the dragon », symbolise cela). Quoi, un p….. de fils d’ouvrier qui prétend faire du prog ? Je ris ! Et ça continue ainsi, chez Columbia depuis 2005 donc : “In Keeping Secrets of Silent Earth : 3 “, “Good Apollo I’m Burning Star IV, Volume I: From Fear Through the Eyes of Madness” (rien que ça) puis “ Good Apollo I’m Burning Star IV, Volume II: No World for Tomorrow” (oufff!). Vous avez compris qu’après ces quatre épopées égotiques, mystiques et spatiales, il ne manque plus que le “ prequel ” comme le dit Sanchez, c’est-à-dire le premier épisode ! Ce devrait être l’objet du 5e album je suppose… Et tout est très personnel, mais ancré dans un univers imaginaire et fantasy, plutôt dur à décrypter, même quand on pige l’English. Sanchez avait paraît-il publié une BD expliquant son histoire il y a quelques années. C’est assez barbare aussi quand même (la boîte neuve porte l’autocollant “strong language ”, ce n’est pas pour rien). Mais il n’y a pas que les anglophones qui soient réceptifs à l’écoute de ce groupe : ça marche bien au Japon aussi paraît-il.

La musique ? Ben c’est un groupe de 4 musiciens : 3 guitares (dont une basse) et un batteur (peu discret, un bosseur qui cogne ! Le premier batteur a dû quitter le groupe à l’époque du 3e album je crois, pour des problèmes genre alcool, j’ai entendu « rehab » sur le DVD docu où on le voit bien enflé, le pauvre). Les chansons dépassent pour la plupart le cap des cinq minutes et certaines forment des suites (et l’ensemble une histoire, mais ça je l’avais déjà dit). Un look (chevelure) et une voix un chouia androgyne comme assez souvent dans le rock mais très peu sexy selon moi, ce sont des bosseurs, mais pas des sex-symbols, c’est clair. Et les claviers ? ça vient : il est là en invité sur les quatre concerts. On l’entend surtout lors d’interludes assez sympas (moins d’une minute en général), ça reste donc en arrière plan, tant les protagonistes principaux ont le dessus. Pour jouer leurs deux derniers albums, ils ont fait appel à deux choristes féminines (ah ! ça change des « grunts » des copains guitaristes) et même à un percussionniste (sur la partie III – oh !). Une influence assez évidente ? Rush sans doute (ils ont fait des reprises de ce groupe à leurs débuts il a environ dix ans, d’après ce que j’ai compris du DVD docu), bien plus que Dream Theater, malgré le décalage temporel (une génération, en gros).

Voilà, je crois que je vais probablement revendre ce « Neverender – Children of the Fence Edition ». Mais j’aurai quand même tenté de percer le mystère d’un succès remarquable (et d’un bien bel « objet », comme on dit) au passage. C’est sans doute un groupe attachant (j’ai un peu de mal avec le batteur, mais les trois autres ont l’air sympa et forment une équipe qui semble vouée à durer encore quelques années il me semble).

Pour finir, je reprends ce qu’on trouve sur progarchives.com à leur sujet (traduit si vous le voulez bien par mes soins) :

Pourquoi cet artiste doit figurer dans www.progarchives.com :

Bien qu’une analyse simpliste et hâtive conduise à prétendre que COHEED & CAMBRIA n’est qu’un groupe d’émo-rock moderne, une observation plus attentive permet d’aller au-delà. COHEED & CAMBRIA se démarque de ses pairs par la complexité de l’écriture, les suites et un sens poussé de la stratification musicale et de l’harmonie. Plus précisément, ils aspirent à créer une fresque de science fiction au travers de concept albums. Dans le débat qui cherche à établir si COHEED est un groupe de rock progressif, on se souviendra que l’esprit véritable de la progression consiste à partir d’une forme musicale établie, à la transcender pour aboutir à quelque chose de nouveau et d’unique. Et ça, COHEED & CAMBRIA a su le faire.

Hors sujet ? Pas tout à fait sûr donc…

Bertrand « de l’anneau for ever » Villemur




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