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Eloy : The Ocean N°2 - The Answer (1998 - cd - parue dans le Koid9 n°28)

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Enfin, le célèbre combo space-rock-symphonique allemand est de retour, après quatre années d'absence et quelques errances artistiques, en nous proposant un disque de très haute facture (rien à voir bien sûr avec le prix de l'objet, quant à lui tout à fait raisonnable !). En effet, avec un titre d'album déjà prometteur (la "suite donc du brillant "Océan"), Eloy confirme sur le plan du contenu musical en égalant (surpassant ?) l'original avec plus de vingt ans d'écart. Dès l'ouverture instrumentale du disque ("between future and past"), le ton est donné : bruitages d'horloges, nappes de synthés venues d'ailleurs, notes de guitare cosmique et chant féminin électronique. On nage en plein Pink Floy période "dark side of the moon" et "Wish you were here" et on replonge dans l'ambiance planante et spatiale du Eloy de "Silent cries and mighty echoes". A l'écoute du second titre de l'album (le formidable "ro setau"), on quitte les seventies pour se tourner véritablement vers l'avenir. En effet, la production et l'emballage sonore frappent et impressionnent de par leur précision et leur intensité, ce qui contribue à accentuer le plaisir d'écoute et rend le "trip" autrement plus intense ! Ce titre, servi par une section rythmique soutenue (jeu et son de basse impressionnant) et des claviers bouillonnants, s'achève dans la démeusure totale suite à une lente progression soutenue par un choeur féminin de toute beauté (authentique celui-ci). Décidemment, l'ombre du Pink Floyd le plus grandiloquent plane toujours, et cela tout au long de ce disque étonnant sans jamais que l'on puisse parler de clonage ou de plagiat. "Influence" serait peut-être le terme le plus approprié. On enchaine ensuite avec un autre titre pour le moins monumental intitulé "paralized civilization", superbe pièce symphonico-planante aux accents heavy, soutenu par une ligne de basse imparrable (j'insiste !) et des claviers omniprésents. Puis la tension se relâche avec un très doux "serenity" faisant figure de légère ballade cosmique (vraiment très beau !). Le rêve continu et l'énergie reprend le dessus avec le vitaminé "awakening of consciousness" auquel succède un autre "climax" de quelques douzes minutes ("refexions from sphères beyond") où on retrouve une recette identique (ou presque) au second titre de l'album (choristes, soli de guitares/claviers et montée vers le Nirvana musical !).

A l'écoute de ce conceptuel "Ocean 2", l'oeuvre se perçoit comme étant relativement homogène (à écouter d'une traite de préférence) et constante en terme de qualité (pas de faute de goût au menu). "Waves of intuition" restera sûrement le titre le plus ambitieux (ceci étant très relatif) même s'il ponctue de manière fort agréable le voyage à travers cet "Océan galactique". On pense davantage aux étoiles qu'à l'immensité de la mer à l'écoute du disque, quoi que...

Pour terminer, la conclusion de l'album est elle aussi tout à fait éblouissante : construit autour d'un thème et d'un rythme unique, "the answer" ne cesse de gagner en intensité pour finir dans l'apothéose d'un feu d'artifice de choeurs celestes (ça y est, je fais dans la poésie moi maintenant !) digne de figurer au générique final d'un péplum ou d'une superproduction Hollywoodienne d'"Heroic-Fantasy". Quant aux voix robotiques présentes sur "paralized civilization" et "reflexions from sphères beyond", elles nous renvoient directement au fabuleux "Dig it" de Mister Klaus Schulze, autre machine à rêver germanique.

Un disque exceptionnel donc, inspiré et merveilleux sur le plan mélodique, mis en valeur par un son énorme et une production sans égale. Et quel plaisir de retrouver le jeu de guitare "Gilmourien" de Frank Bornemenn, également chanteur et principal compositeur de ce groupe étonnant. De plus, amoureux de belles pochettes "prog" au design classieux, l'emballage graphique et signé Wojtek Siudmak comme à la grande époque, et on en regrettera que plus amèrement la disparition des nouveautés au format vinyl.

Je conseillerai donc ce disque à tous les déçus du Pink Floyd contemporein (voici l'antidote à toutes vos frustrations !) et à tous les amateurs de voyages sidéraux et science-fictionnels. Aux côtés du nouveau méga-opus d'Ayreon, "Ocean 2" est une nouvelle occasion de bondir dans l'univers prog du prochain millenaire, les yeux fermés et les oreilles ouvertes ! Tout simplement magique...

Philippe Vallin




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