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Enchant : Tug Of War (2003 - cd - parue dans le Koid9 n°47)

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Enchant poursuit sa route depuis maintenant 10 ans sur le plan discographique. Certains ont reproché au groupe de ne jamais pouvoir atteindre le niveau de son premier album "A blueprint of the world" sorti en 1994. Cette vision un peu réductrice est assez contradictoire avec la nécessité pour un groupe de rock progressif, par définition, d'évoluer et Enchant a justement progressé tout en gardant une certaine identité au cours des 10 dernières années, en devenant de plus en plus compétent sur le plan technique et sur celui des arrangements. S'il s'est parfois engagé dans des mélodies et rythmes trop complexes, le groupe a aussi produit plusieurs véritables perles sur ses albums, notamment sur "Time lost", "Wounded" et "Juggling 9 or dropping 10".

Après le très bon "Juggling 9 or dropping 10", justement, le groupe qui a vu partir le batteur/multi-instrumentiste et compositeur Paul Craddick m'a quelque peu déçu avec "In a blink of an eye", un peu trop agressif et moins accrocheur sur le plan vocal, flirtant trop souvent avec le metal. Cette influence a toujours été limitée dans le groupe et Enchant ne sonne pas vraiment comme un groupe de metal progressif même si quelques traces du Dream Theater des débuts demeurent ici et là. Depuis plusieurs années, en fait, je trouve l'héritage du Rush des années 77-90 bien plus net, notamment dans le jeu des guitares, rappelant Alex Lifeson avec des échos de Steve Rothery (le son) et de Ian Crichton (Saga) en solo. Doug Ott est un guitariste (également claviériste) aussi rapide que précis et très lyrique, et une fois de plus, ses interventions magnifiques de virtuosité et de passion constituent l'un des points forts de l'album.

"Tug of war" a l'avantage, quant à lui, d'être très varié. Le groupe a aussi laissé une plus large place aux claviers sur cet album, ce qui lui manquait parfois. Leur nouveau claviériste à plein temps, Bill Jenkins, est un musicien non seulement très compétent mais versatile autant que le sont ses goûts musicaux. Il a d'ailleurs co-signé une composition tandis que Ted Leonard en a fait une tout seul et que le bassiste Ed Platt co-signe deux autres morceaux. Il n'est pas plus mal que le boulot d'écriture ne repose pas sur les seuls épaules de Doug Ott.

Cet album démontre plus que jamais que le groupe possède sa personnalité et aime les contrastes à l'intérieur d'un morceau. On sent que le but n'est cependant pas de choquer l'auditeur mais plutôt d'installer une dynamique interne dans les compositions. Mélanger des atmosphères légères et plus lourdes au sein d'un même morceau, c'est leur marque de fabrique depuis pas mal de temps. Parfois c'est le couplet qui est léger et le thème heavy, parfois aussi c'est l'inverse, ce qui est nettement plus rare… Il y a également beaucoup de breaks mélodiques et plusieurs morceaux qu'on pourrait plus ou moins assimiler à des ballades.

L'album a trouvé le juste équilibre entre douceur et puissance, avec des mélodies vocales et instrumentales fortes avant tout, qui ne sont pas sans rappeler le style Kansas. Comme sur le précédent album, "Tug of war" recèle un long et excellent instrumental (au titre d'un goût douteux : "progtology"), un thème très accrocheur et des solos (guitare et synthé) de première classe ! Décidément, Doug Ott devrait écrire davantage d'instrumentaux, il s'y entend très bien !

L'apothéose c'est sans doute le dernier morceau "comatose", peut être le meilleur morceau de tout le répertoire d'Enchant. Doug interprète lui-même au piano l'introduction mélancolique et le morceau se développe lentement en crescendo, pour finir en apothéose - comme tout bon classique du progressif qui se respecte ! Sérieusement, ce sont 9 minutes de bonheur, beaucoup de finesse et d'émotion et une performance instrumentale superbe. Car les musiciens d'Enchant, sans faire de la démonstration à tout va comme leurs collègues de Dream Theater, savent prouver qu'ils ne sont pas manchots et la production et le mastering absolument limpides mettent en valeur le talent et l'inventivité de chaque instrumentiste et du chanteur Ted Leonard. Seul reproche, sa voix est parfois un peu trop forcée et bien que la prise de son naturelle soit tout à son honneur, il gagnerait à se rajouter un peu de réverbe et d'écho.

Après peut-être quelques albums hésitants, Enchant vient probablement d'accoucher de son meilleur album et l'interview que vous pouvez lire dans ce numéro montre que le groupe est loin d'avoir tout dit et que cette nouvelle formation nous laisse augurer du meilleur pour le futur. L'album existe en édition spéciale dans un étui cartonné, avec un magnifique livret couleur de 28 pages avec bios des musiciens et leurs commentaires sur les morceaux, plus un morceau bonus en live.

Marc Moingeon




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