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Fish : Raingods With Zippos (1999 - cd - parue dans le Koid9 n30)

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Après le lifting complet de toute sa discographie chez Roadrunner records, Fish nous livre enfin son nouvel opus, succédant à "Sunsets on empire" qui res­te pour moi son disque le plus abouti et le plus personnel (et tant pis pour les puristes atteints de Marillionite aiguë en mal de "Vigil" !). Ce nouvel al­bum est loin de faire dans la redite, faisant foi de la grande forme créative du bonhomme toujours aussi bien entouré (section rythmique rodée avec Steve Vantsis et Squeeky Tewart, Robin Boult et Steve Wilson aux guitares, Tony Turrel (Positive Light) aux claviers (Mickey Simmonds assurant seulement quelques par­ties bien remarquées !).

Le disque est composé de 6 titres indépendants, avec leur style propre et sans continuité, ainsi que d'une suite de 25 minutes en 6 parties que Fish qualifie lui-même comme sa vision d'une fresque moderne de rock progressif des années 90 (et comme vous le verrez plus loin, je trouve le pari plutôt réussi !) Après une longue intro de piano solo signée Mickey Simmonds, le disque démarre fort avec le puissant et joyeux "tumbletown où Steve Wilson fait une première démonstration de ses talents de guitariste bran­ché sur 220 volts "mission statement" quant à lui, avec son tempo rapide et son chant sixties se veut plus rock'n'roll, speedé et jouissif ! On calme un peu le jeu avec "incomplete", le premier single de l'album, un très beau duo avec

Elisabeth Antwi, superbe chanteuse noire à la voix chaude et suave, magnifique! "Title cross" (et son intro à la Francis Cabrel !) poursuit dans la voie de la douceur avec ses guitares acoustiques, ses percussions discrètes et son violon celtique, rappelant quelque peu l'atmosphère du "fortunes of war" de l'album "Suits". Le calme fait place à la rage de "faith healer" (reprise du Sensationnal Alex Harvey Band), déjà entendu en live sur la face B du single "Big wedge" (pour les collectionneurs), mais sans les riffs plombés caractéristiques de sieur Steve Wilson ! Cette collection de nouveaux titres du poisson s'achève sur les 7 minutes 40 de douce rêverie du magnifique "rites of passage" (composé par Fish et M. Simmonds) avec ses arrangements de cordes et ses claviers à vous refiler le frisson. Incon­testablement la perle mélodique de l'album Le plat de résistance de ce disque hétéroclite s'étend donc sur les 25 dernières minutes de "plague of ghost", re­groupant en fait 6 chansons distinctes composées par le "Big" et qui ont été recompilées, restructurées et remixées dans le cadre d'une longue suite passionnante grâce aux soins du duo Positive Light (Hé oui ! les mêmes qui ont "commis" le pourtant sous-estimé "Tales from an engine room" de Marillion). Mais pas de panique, ces derniers ne nous refont pas le coup ici d'un remix à la sauce techno, mais un travail d'assemblage et de "recomposition" extraordinaire (de plus, les parties instrumentales de ce titre sont signées par le duo). Après une intro atmosphérique, le titre démarre très fort avec un "digging deep" car­ton, sorte de croisement entre "what colour is god" (rythmique puissante et mo­derne, très Groove) et le meilleur Porcupine Tree (tout au moins son côté le plus rentre dedans ! ). Les changements de climat ponctueront cette suite ambitieuse de la complainte de "chocolate frogs" sur fond d'ambiance marécageuse en passant par "waving at stars" et ses rythmes "jungle" jamais prise de tête, Fish nous entraîne progressivement vers un Nirvana musical dont le point culminant est à mon sens le regain d'optimisme du fabuleux "raingod's dancing" agrémenté d'une magnifique séquence de piano et d'un solo de S. Wilson à tomber (tourbillon de bonheur !). La seule déception sera peut-être la conclusion sous-exploitée de cette longue suite et de cet excellent album qui méritait un peu mieux que ce final floydien un peu mou (les 3 minutes de l'ultime "wake-up call").

Bref, tout va bien pour le poisson sur un plan purement créatif ! Pour ce qui est des finances (merci à la marque déposée "zippo" pour sa contribution au disque), reste à voir le succès que remportera ce nouvel opus ainsi que les ré­centes rééditions en terme de ventes. N'oublions pas qu'un Fish en bonne forme pécuniaire, c'est un Fish qui prend plaisir à faire le tour du monde sur les planches, et nous savons tous bien que c'est dans ce cadre précis que cet artis­te hors-pair prend toute sa dimension, en donnant le meilleur de lui-même (pour ce qui est de sa "dimension", c'est le cas de le dire vu la taille du bonhomme !)

En somme, pour les retardataires, vous savez ce qu'il vous reste à faire non ?

Philippe Vallin




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