Le magazine

koid9 magazine

News letter


Votre adresse E-mail



Recevez par mail le sommaire du prochaine numéro.

Focus : 8 (2002 - cd - parue dans le Koid9 n°44)

(765 mots dans ce texte )  -   lu : 119 Fois     Page Spéciale pour impression

Focus_8.jpg

Nous sommes décidément gâtés en ce début de millénaire, car voici à nouveau un ténor du progressif des années 70 qui refait surface après de nombreuses années de silence. Le line-up du groupe néerlandais Focus n’a jamais été particulièrement stable, mais le trait d’union en a toujours été Thijs Van Leer, le flûtiste, claviériste et vocaliste. Depuis la rupture à la fin des 70s, celui-ci n’a jamais tout à fait cessé de faire de la musique et a même publié un nombre conséquent d’albums solos pas toujours diffusés dans nos contrées. De plus, on a pu entre autres l’entendre en invité sur des albums de ses compatriotes Maryson et Ayreon, et l’apercevoir lors du concert-retrouvailles d’Uriah Heep (le très bon DVD "The magician’s birthday party") et ce furent chaque fois des moments mémorables.

Il fut récemment contacté par un groupe de reprises de Focus, du nom de Hocus Pocus (qui évoquera sans doute de bonnes choses aux nostalgiques, puisqu’il s’agit d’un de leurs titres mémorables) qui après avoir répété longuement décida de faire venir son mentor. Ce dernier fut tellement impressionné par ce qu’il entendit et prit un tel plaisir à jouer avec ces "petits jeunes" qu’il décida de rester plus longtemps que prévu, allant même jusqu’à graver pour la postérité ce qui constitue désormais le 8ème album officiel de Focus.

La majorité des compositions de cet album sont l’œuvre du maître de cérémonie, mais en définitive les 4 qui ont été écrites par d’autres membres (le guitariste et le bassiste) s’intègrent parfaitement dans l’ensemble, formant ainsi un tout plutôt homogène.

Le premier titre, "rock and Rio", ne pouvait être mieux choisi puisqu’il nous fait entrer de plain-pied dans l’univers particulier du groupe tel qu’à ses meilleures heures, et qu’en plus il est porteur d’un entrain très communicatif. Une rythmique très syncopée, des riffs de guitare plutôt heavy, le tout sur fond d’orgue Hammond tournoyant. Sans compter la touche humoristique et irrésistible apportée par le chant façon tyrolienne de Thijs. Nul doute qu’il restera dans le "best-of" du groupe. On retrouvera la plupart de ces caractéristiques plus loin sur "hurkey turkey" et "neurotika". Plusieurs titres me font ensuite penser à du Camel, voire du Jethro Tull, tels "tamara’s move" et "fretless love", notamment à cause de la flûte, de l’orgue et des changements fréquents de thèmes et de rythmes. La sonorité de flûte est dans la majorité des cas plus soyeuse que celle par exemple d’Ian Anderson (Jethro Tull), mais s’en rapproche quelquefois en usant également de "roulements".

"De ti o de mi", "sto ces raditi ostatac zivota ?" et "blizu tébe" (pourquoi ont-ils choisi une langue slave pour 3 des titres ? le mystère reste entier) sont dans une veine plus alanguie avec un tempo lent et des sons de guitares étirés, accompagnés d’un feeling blues. C’est personnellement le versant du groupe qui m’enthousiasme le moins. Toujours dans cette catégorie mais en plus nerveux et plus efficace selon moi, "brother" est un ancien morceau chargé d’émotions, revisité avec la flûte en remplacement des lignes vocales. La rythmique forte et entêtante, telle le pas d’un chameau dans le désert (encore lui) et les arabesques de guitare avec une montée en tension toute progressive, un peu à la façon du "boléro" de Ravel, fait de "focus 8" un morceau particulièrement réjouissant.

La frontière entre le rock progressif et le jazz-fusion est souvent ténue tout au long de ce CD. Les fans de la première heure ne devraient pas trop regretter Jan Akkerman puisque Jan Dumee le guitariste ici présent, s’il a un jeu un peu différent de son prédécesseur, "assure" à merveille, de même que ses accompagnateurs Bobby Jacobs à la basse et Bert Smaak à la batterie.

Le disque de Musea se termine par un morceau bonus "flower shower" sous la forme d’un gag comme son titre le laisse entendre. Chanté comme une parodie d’opérette à l’allemande, le résultat est désopilant, même s’il aurait gagné à être raccourci (5’41). Mais il ne doit être considéré que pour ce qu’il est, c’est-à-dire un délire entre musiciens qui prennent un grand plaisir à jouer ensemble.

Reste désormais à savoir si l’expérience, plus que concluante, sera renouvelée à l’avenir. Il y a fort à parier que oui, puisque la première version en édition limitée est partie comme des petits pains, et que le groupe ainsi formé ne cesse de tourner.

Michael Fligny




Retour ŕ la sous-rubrique :

Autres publications de la sous-rubrique :

Temps : 0.026 seconde(s)