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David Gilmour : Remember That Night (2008 - 2 dvd - parue dans le Koid9 n°65)

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Disons le d'emblée : ce double DVD de David Gilmour enregistré en 2006 est tout ce que le précédent, le très décevant "In concert", n'était pas, tant sur le plan du concert que des bonus, très fournis et tout à fait intéressants, voire même précieux, sans parler du packaging… Le digipack 3 volets avec un beau livret de 20 pages, enveloppé dans un étui carton, avec un Gilmour en plein solo de guitare, donne le ton. Car de la guitare, on va en avoir, et plus encore.

Déjà la partie musicale : le concert principal d'une durée de plus de 2h30, est enregistré au Royal Albert Hall, une salle magnifique qui se prête bien à ce spectacle d'une dimension plus raisonnable qu'un concert de Pink Floyd mais qui pourtant fait l'objet d'un light show somptueux, avec lasers, cathédrales de lumière, explosions visuelles en tous genres, etc. Disons qu'il s'agit d'un light show de Pink Floyd en miniature. La prise de vue est sobre mais diablement efficace, peu de sauts de plan rapides, comme c'est la mode. Les amateurs de gros plans, surtout lorsque les musiciens font des solos, seront gâtés ! Et la définition de l'image est excellente, d'une clarté de cristal. Le son est proposé en stéréo (un bon mixage assez fort) ou Dolby 5.1.

Gilmour, de même qu'aux grandes heures du Floyd vers 75 -81, joue l'intégralité de son album solo, "On an island", d'une seule traite, (avec quelques changements dans la séquence des morceaux) mais ceci seulement après plusieurs extraits de "Dark side of the moon" interprétés en début de concert ("breathe", "time"). Du très classique mais qui fait toujours plaisir à entendre sur scène, on a pas mal de visages connus, fidèles accompagnateurs et/ou amis de longue date et puis des invités de marque ! Déjà, on a Rick Wright, essentiellement à l'orgue Hammond, le vieux copain Phil Manzanera (guitares) et les indéracinables Guy Pratt à la basse et Jon Carin (synthés, guitares) : plus de 20 ans après la tournée de "A momentary lapse of reason", ils sont encore là ! Dick Parry intervient quelquefois au saxo. Le seul nouveau venu est à la batterie : Steve DiStanislao.

Les morceaux de "On an island" dont les arrangements orchestraux sont parfois reproduits par des bandes, bénéficient tous du traitement live, avec au moins un peu plus d'intensité dans l'interprétation, le jeu de guitare, des arrangements de claviers un peu plus riches, etc. Quelquefois, les solos de guitare sont plus longs. Côté chant, David a un peu de mal dans les aigus parfois, mais globalement la voix est restée la même toutes ces années et s'est même bonifiée sur le plan du feeling. Voilà un musicien qui pourrait facilement se contenter d'être un chanteur, ce qui serait très dommage quand même !

Aucun morceau des deux premiers albums solo n'est proposé mais le groupe de Gilmour puise dans des réserves souvent inexplorées, pour nous en ressortir des perles telle que "fat old sun" un vieux titre systématiquement étirée par un gros solo de guitare lors des concerts de 70/71, un peu moins ici, mais avec bon goût. Et puis il y a la surprise du chef : un "echoes" superbe, très légèrement condensé dans sa partie centrale, où il fait bon entendre Rick Wright chanter et le voir sourire, en faisant vibrer son orgue Hammond.

D'ailleurs c'est un autre point fort du concert : l'ambiance entre les différents musiciens est sans conteste excellente. On sent bien le réel plaisir de jouer, les sourires de connivence ne sont certainement pas forcés, et chacun a l'occasion de briller, même si l'accent est surtout mis sur Gilmour et, dans une moindre mesure, sur Wright.

Voir David Crosby et Graham Nash chanter en harmonie avec David sur les titres de "On an island" auxquels ils participaient mais aussi "shine on you crazy diamond (dommage d'avoir légèrement altéré et écourté la partie 1) et la reprise de CSN, "find the cost of freedom" chantée a capella, c'est un joli cadeau. Toujours invité, Robert Wyatt vient jouer une partie de cornet sur l'instrumental langoureux "then I close my eyes". Enfin, David Bowie qui chante non seulement "Arnold Layne" mais aussi la partie de Waters sur un "comfortably numb" au solo final particulièrement grandiose et intense (le meilleur disponible officiellement, me semble-t-il).

Sur le deuxième DVD, on a pas moins de 13 morceaux live en plus. Une partie vient des mêmes concerts : "wearing the inside out", très bon morceau de "Division bell" signé Wright et oublié en concert à l'époque, "wot's uh the deal", une des jolies balades de "Obscured by clouds", "dark globe" de Barrett, et "astronomy domine" avec une belle "jam" aux guitares ! Et il y a les versions de "comfortably numb" et "Arnold Layne" avec Rick Wright au chant, dont la voix suave est toujours aussi agréable. On retrouve aussi 5 morceaux en concert au Mermaid Theater juste avant la tournée, et plusieurs autres morceaux joués live en studio à Abbey Road pour une diffusion promotionnelle. Pour finir, une perle rare : une jam chez Gilmour, un blues instrumental superbe de plus de 6 minutes !!

Trois reportages, (hélas non sous-titrés) : un gros documentaire sur la tournée avec des interviews des musiciens, celui destiné à la presse pour "On an island", mais augmenté d'extraits d'une autre interview de Gilmour avec ses commentaires sur chaque morceau, et enfin l'inévitable petit film réalisé dans les coulisses et les loges au fil de la tournée, très sympa et pas très long. Deux vidéo clips de 2006 et enfin une galerie photos. Les menus des DVD sont très complets, esthétiques et pratiques !

Bref, c'est de l'or enveloppé dans du velours.

J'ai du mal à croire que ces deux musiciens qui ont bercé mon enfance ont aujourd'hui plus de 60 ans (61 pour Gilmour, 64 pour Wright, comme Waters, dont les années de naissance sur certaines sources étaient fausses). Bien sûr, les membres de Pink Floyd n'ont jamais été des bêtes de scène mais la performance est là et le plaisir de jouer est tangible… C'est un très beau moment et un DVD indispensable.

Mais pourquoi diable n'ai-je donc pas assisté à l'un de ces concerts en 2006 ?!

Marc Moigeon




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