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Gathering (The) : Souvenirs (2003 - cd - parue dans le Koid9 n°45)

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On avait bien senti à l'écoute de "Black light district" que The Gathering s'orientait davantage vers une musique d'atmosphère, mais on aurait eu du mal à imaginer que le groupe prendrait un virage aussi radical.

La séparation d'avec Century Media, outre les problèmes financiers, prenait ses sources dans le refus du label d'accepter la métamorphose musicale du groupe. Les hollandais de The Gathering répétaient depuis la création de leur label Psychonaut Records, que ce qui importait pour eux était de reprendre en main l'évolution musicale du groupe, de même qu'ils insistaient sur leur insatisfaction à propos de leur dernier opus avec Century media, "If_then_else".

Les sorties successives de "Black light district" et "Souvenirs" apportent un nouvel éclairage sur les 2 ans qui les ont précédées.

"How to measure a planet" avait été un choc pour beaucoup d'amateurs du groupe hollandais, qui y délaissait son image gothique pour expérimenter les rythmiques trip-hop, et créer une fusion inédite métal-atmosphérique-trip-hop. Le succès de ce double album exceptionnel avait permis au groupe de sortir de son cercle d'initiés et de prétendre à de sérieuses ambitions commerciales. Dans le même temps, ce succès récompensait une formidable prise de risque, et confortait le groupe dans sa décision d'expérimenter davantage.

Or, voilà que "If_then_else" ne poursuit que par intermittence ces expérimentations. On aurait pu penser que les 3 années qui séparent les deux albums (occupées certes par une inhabituellement longue tournée) aurait permis au groupe de poursuivre dans cette veine. Mais cet album ressemblait à un retour en arrière par bien des aspects, et en particulier en terme de production, celle-ci tranchant nettement par rapport à la sophistication de "How to measure a planet" ?

"Black light district" montrait deux visages du groupe renouvelés. Le premier mélangeait un piano avec de subtiles nappes de claviers, et une basse et une guitare rythmique à l'unisson pour un titre tout en langueur, où le chant de Anneke Von Giesbergen se faisait étrangement discret. Le second développait le côté agressif du groupe, tout en accentuant la présence des claviers, cette fois soutenus par la guitare de René Rutten.

De ces deux nouveaux visages, c'est indéniablement le premier qui a su s'imposer durant l'enregistrement et le mixage de "Souvenirs".

De l'aspect métal du groupe, il ne reste désormais que quelques réminiscences. Si certaines compositions ("souvenirs", "even the spirits are afraid", "monsters") semblent pourtant se prêter idéalement à l'agressivité naturelle du groupe, la production prend un malin plaisir à déformer les guitares pour en atténuer l'attaque, ou bien les relègue simplement au fond du spectre. C'est un choix de production, un choix stylistique flagrant, tout au long de ce disque, équivalent dans une certaine mesure à celui qui a prévalu à l'enregistrement du dernier Red Hot Chili Peppers, où la rythmique, par tradition mise en avant, a été reléguée loin derrière les guitares. Dans une logique inverse cependant, puisque désormais dans The Gathering, ce sont les guitares qui s'effacent devant la rythmique.

Et parmi ces rythmiques, on retrouve ce glissement trip-hop qui avait fait merveille sur "How to measure a planet" ?, encore plus poussé. Pour vous en donner une idée, fermez les yeux, et rappelez-vous le titre d'ouverture du "Mezzanine" de Massive Attack, et ajoutez-y une pincée de "rollercoaster", le titre qui ouvre "If_then_else", et vous aurez une idée assez précise de ce à quoi peut ressembler "these good people", qui donne le ton du disque.

Si la première écoute surprend donc, et peut dans le même temps décevoir, fort heureusement cette impression ne dure guère, et passée la surprise, on cède bien vite à la beauté du disque.

D'autant que Anneke (vous me pardonnerez cette familiarité) nous guide tout au long de l'album avec la maîtrise et la grâce qui la caractérisent, et que l'espace musical qui l'habille ne manque pas, loin s'en faut, de classe.

On pourra bien sûr regretter quelques abus bruitistes sur le final de "we just stopped breathing", ou bien la mélodie faiblarde de "golden grounds" ; mais ces défauts ne sauraient gâcher le plaisir que l'on a à l'écoute de ce disque hors norme, voyage musical envoûtant fait de pop sophistiquée, de trip-hop-rock, d'ambiances nostalgiques envoûtantes, où The Gathering prouve à ceux qui pouvaient encore en douter que ses musiciens ont encore beaucoup de musique en eux à offrir, prêts à nous surprendre à nouveau. On en redemande !

Daniel Beziz




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