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Gourishankar (The) : 2nd Hands (2007 - cd - parue dans le Koid9 n°62)

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Dans la famille Shankar, on connaissait celui qui était Ravi, le virtuose du sitar, pote indien des Beatles en général et de George Harrison en particulier. On découvre maintenant son cousin Gouri… Non, rien à voir. En fait, le Gourishankar est d’abord une technique de méditation, mais c’est surtout un nouveau groupe russe qui décrit vouloir faire une "musique pour danse mystique dans les salons d’opium". Nous voilà prévenus quant à la dimension mystico-ésotérique de l’affaire. Cela dit, pour simplifier on est tout à fait dans la cadre du rock progressif, et peut-être même davantage que beaucoup de groupes qui y sont affiliés. Car cet album respire à fond la prise de risque et l’originalité.

The Gourishankar, c’est d’abord la créature de deux surdoués : le guitariste Nomy Agranson et le claviériste Doran Usher. L’assise de base est constitué de claviers multiples et variés, mais une place équitable est accordée à une variété d’autres instruments : outre les habituels guitare, basse et batterie qui rappellent qu’on est en terrain rock, on a du violon alto, du saxophone et de la flûte, et il faut dire que tout cela est plutôt bien mixé.

On navigue en permanence entre progressif seventies et modernisme, de par la très large diversité des claviers et des rythmes qui les accompagnent. Hammond surchauffé, Moog classieux et piano classique côtoient des sonorités synthétiques très originales et élaborées, lorgnant ponctuellement et de façon sporadique vers le technoïde ou le new-age.

Mais ce qui est le plus culotté, c'est d’oser mélanger des ingrédients à priori incompatibles et de les faire se succéder ou cohabiter à une cadence infernale : rock progressif traditionnel nerveux ou serein, métal, jazz-rock, new-age, folk, musique latino. Rarement chez d’autres artistes on n’entend des styles aussi divers se succéder aussi prestement et habilement. On peut citer par exemple les plus doués : Pain of Salvation, ACT ou Mars Volta. Attention les oreilles, ça part dans tous les sens, mais sans être gratuitement artificiel, ni même agressif car la dimension symphonique reste prépondérante. Pour faire court : c’est culotté et accessible à la fois. Le seul morceau un peu plus extrême et saccadé est à mon avis "queer forest", qui sonne un peu comme si Mars Volta faisait du progressif plus orienté vers les claviers. Les interventions de guitare sont d’une grande qualité et fluidité, bien que s’octroyant assez peu de solos, et on n’est pas privés de quelques riffs bien gras. On reconnaît même parfois un toucher "holdsworthien", ce qui n’est pas donné au premier venu.

La voix du chanteur qui intervient de temps en temps dans un bon anglais, est vraiment étrange, assez proche de celle du chanteur d’Overhead, le groupe finlandais, quoique moins puissante, avec aussi quelques gènes du jeune Geddy Lee ou de Rob Reed de Magenta. Disons qu’il ne fait pas toujours preuve d’un charisme exceptionnel, mais il reste agréable.

A l’aise pour aborder tous les styles, ces petits nouveaux se paient le luxe de réinventer le terme progressif en réussissant le pari fou de faire une musique imprévisible et belle à la fois. Et en plus, on a le plaisir d’avoir un bel objet grâce à la superbe pochette signée du maintenant réputé Jonas Ekman.

Michael Fligny

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