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Greylevel : Opus One (2006 - cd - parue dans le Koid9 n°61)

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Guitares acoustiques, synthétiseurs aux textures planantes et piano (électronique) ouvrent ce "premier opus" résolument tourné vers la mélancolie et qui se révèle également un trésor de mélodies bien construites, interprétées par le timbre de voix suave et médium de Derek Barber, dont Greylevel est ouvertement le bébé. Ce groupe canadien a démarré comme un projet solo de ce dernier, idée qui a finalement évolué vers un projet de groupe, grâce à l'apport du guitariste Richard Shukin, récemment intégré (il a quand même déjà co-signé le magnifique "your light") et celle de son épouse Esther, qui possède, elle aussi, un joli brin de voix. Barber, de son côté, prend en charge les claviers, la basse, une partie des guitares acoustiques et la majorité du chant.

Pour changer des albums alambiqués à l'extrême où on trouve un changement de rythme toutes les 30 secondes, Greylevel propose un album ouvertement progressif mais plus fluide, où les longues compositions laissent l'auditeur respirer... et rêver. "Opus one" dure près d'une heure et contient seulement six morceaux, parmi lesquels un seul est relativement bref, l'instrumental final, "rest". Pour le reste… des pièces de 7,8 et 9 minutes, et deux qui dépassent le quart d'heure. En fait, on a presque l'impression d'une seule immense fresque musicale décomposée en plusieurs mouvements… Cela ne signifie pas que l'album est monotone, mais il est sans doute d'une grande cohérence. Plutôt lent aussi, d'une mélancolie, ou même d'une tristesse profondes, parfois déchirante (ce qui n'est guère étonnant lorsque l'on s'attarde sur les textes).

Au jeu des références, on peut évoquer Pink Floyd, les premiers albums de Porcupine Tree (qui a dit que ça revenait au même ?) ou leurs morceaux actuels les plus planants, voire le côté le plus innovant de IQ. On aura vite fait de remarquer la dualité des timbres de claviers : d'un côté, les plus "classiques" (piano, piano électrique, orgue, mellotron) et de l'autre, des textures plus ou moins symphoniques et originales, parfois très "space rock" diraient certains (ça change du minimoog !). Cependant, il vaut mieux ne pas trop essayer de comparer car Greylevel possède sa propre personnalité. Un détail d'ailleurs assez original : les guitares électriques aux échos réverbérées, un peu psychédéliques, parfois un peu distordues et gémissantes, sont à part égale (au moins) avec la guitare classique ou acoustique, dont Barber et Shukin usent largement et de bien belle manière, y compris dans des parties solistes (où intervient aussi souvent le piano). Pourtant, c'est avant tout la beauté intrinsèque des thèmes et des parties chantées, l'émotion qui se dégage du tout, qui donnent à cet album une qualité particulière.

Le seul reproche que l'on puisse faire à Derek Barber & Co est l'utilisation d'une boite à rythmes. Parfois, on voit à peine une différence avec une véritable batterie, parfois c'est un peu plus évident. Mais comme on a de nombreuses parties où les percussions sont peu importantes, voire absentes, ça n'est pas très gênant sur l'ensemble. Ah, et puis on aurait aimé un véritable piano, mais enregistrer ce type d'instrument étant désormais si cher… ne faisons pas trop la fine bouche, surtout qu'il s'agit d'un album artisanal, déjà fort bien réussi et dont le successeur, d'après les propos rapportés dans cet article, devrait être celui de la consécration.

Une magnifique surprise que les amateurs du côté le plus planant des musiques progressives - et pas seulement eux on l'espère ! -, devraient très vite apprécier.

Marc Moingeon

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