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Lisa Gerrard : Whalerider (2003 - cd - parue dans le Koid9 n°47)

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Depuis son album avec le multi-instrumentiste Peter Bourke ("Duality") en 1998, Lisa Gerrard se fait vraiment désirer, apparemment très occupée par les musiques de film ("The insider", "Ali", "Gladiator" avec Hans Zimmer, etc.) un travail probablement très lucratif qui semble lui convenir mais laisse le public sur sa faim.

Lisa et son ex-compère de Dead Can Dance, Brendan Perry, n'ont d'ailleurs jamais été d'une très grande prolixité. Enfin, pour cette fois, cette musique de film entièrement réalisée par la chanteuse sort sur le label 4AD. Il s'agit de la bande originale d'un film néo-zélandais (sa patrie d'origine), une petite production basée sur une vieille légende d'un enfant qui peut commander aux baleines et les monter. Ne l'ayant pas vu, je ne pourrai pas vous dire si les images collent à la musique.

La bande de "Whalerider" est une lente, très lente plongée dans des eaux limpides et calmes, un voyage presque statique orchestré par des synthés vaporeux, reproduisant souvent presque parfaitement un ensemble à cordes, rempli d'harmonies familières pour ceux qui connaissent des albums de DCD très marqués par un certain type de musique classique comme "Within the realms of a dying sun" ou l'album de Lisa "The mirror pool". C'est d'ailleurs plutôt à de la musique instrumentale qu'il faut vous attendre : c'est tout juste si Lisa chante quelques vocalises éthérées ici et là et il y a également une voix d'enfant et des chœurs indigènes sur trois ou quatre morceaux… il n'y a aucune véritable chanson cependant, même pas le titre final, un peu plus long que les autres. Cet album est d'ailleurs plutôt court (moins de 42 minutes pour 15 morceaux…), surtout compte tenu de l'inévitable dilution propre à ce genre de musique.

Ceci étant dit, on ne peut nier la beauté et la pureté de certaines parties majestueuses (on peut aussi vaguement penser à ce qu'a fait Eric Serra pour "Le grand bleu"). La grande majorité des morceaux est totalement dénuée de rythme et l'auditeur est essentiellement enveloppé par les seules sonorités somptueuses des synthés joués par Lisa, plus quelques notes cristallines de piano ici et là. Heureusement que quelques pièces contiennent vocalises et/ou percussion pour éviter à l'auditeur de sombrer dans la monotonie.

On ne peut s'empêcher d'être un peu déçu et de regretter que la chanteuse n'ait pas édité ces morceaux d'une autre façon, ni ne les ait un peu développés afin de leur donner plus de substance et une plus grande cohérence, comme un Vangelis a si bien su le faire pour "Les chariots de feu", "Blade runner" ou "1492" entre autres, allant bien au-delà de ce qu'on peut entendre dans les films en question.

Malgré ce défaut, "whalerider" est un disque beau et émouvant, qui nous fera patienter encore un petit peu en attendant le véritable nouvel album de la dame, dont la sortie vient encore d'être repoussée jusqu'en janvier 2004 ! Pour info, en ce moment, Lisa travaille avec le même Patrick Cassidy sur la musique (apparemment très sombre) du film fantastique "Constantine" avec Keanu Reeves.

Marc Moingeon




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