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Hawkwind : Canterbury Fayre 2001 (2002 - 2 cd - parue dans le Koid9 n°46)

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direct Ă  Live 1990 direct Ă  Canterbury Fayre 2001 Quand on voit le gros succès d'estime remporté ici par Ozric Tentacles, on comprend parfois mal pourquoi Hawkwind souffre en comparaison d'un désintérêt total depuis si longtemps… D'accord, les deux groupes n'ont qu'une facette en commun, le premier étant exclusivement instrumental et souvent moins lourd que ne peut l'être le second (les deux groupes n'ont pas le même âge non plus et Hawkwind a connu bien des périodes).

Il est clair que sur le plan des albums studios ou mêmes mixtes live/studio (!), plusieurs albums très moyens et souvent assez mal produits ont vu le jour dans les dernières années. Par ailleurs, le groupe, l'un des plus piratés au monde, a fondé son propre label pour diffuser ses propres enregistrements live. Sachant que la scène est l'endroit où le groupe de Dave Brock se sent le plus à l'aise et se plaît à improviser, à changer les arrangements (en fonction du line-up aussi !), voire à interpréter des titres inédits de façon assez régulière, il est plus intéressant, pour l'auditeur, de se concentrer ces temps-ci sur les enregistrements en concert issus sur ce label, gage d'une qualité souvent correcte, à défaut d'être parfaite… en attendant avec espoir le prochain album studio prévu cette année.

Le trimestre dernier, grâce à mon cher collègue Dominique, vous avez eu une chronique épique et psychédélique de l'excellent live "Yule ritual" enregistré fin 2001 avec la collaboration de nombreux anciens membres du groupe et des invités spéciaux. En fait, en 2002, le groupe a sorti plusieurs autres enregistrements dont ces deux-ci datant respectivement de 1990 et 2001.

"Live in Nottingham 1990" est vraiment l'un des meilleurs sinon le meilleur album des ères récentes du groupe. A cette époque Hawkwind venait de sortir un bon disque, "Space bandits", pour lequel il avait récupéré son ancien violoniste, Simon House, celui qui jouait aussi des claviers sur les deux meilleurs albums du groupe, "Hall of the mountain grill" (1974) et le désormais rare "Warrior on the edge of time" (1975). On le retrouve ici aux côtés de Dave Brock (chant, guitares, synthés), Dave Bainbridge (synthés), Richard Chadwick (percussion) et Alan Davey (basse, chant, synthés), qui venaient d'être rejoints par la jeune chanteuse Bridget Wishart, une première pour le groupe. Le son de cet album enregistré pour la série télévisée "Bedrock" est excellent. En plus, bien que les notes du livret soient assez succinctes, on devine que le groupe a dû enregistrer apparemment plus d'une performance, d'où deux versions, parfois assez différentes, de certains morceaux et le total dépasse largement les deux heures.

Bridget Wishart possède une voix claire et une certaine qualité dramatique mais n'est pas une grande chanteuse techniquement parlant… Elle se débrouille quand même pas mal sur ce live. Elle ne chante d'ailleurs que sur certains titres. A l'époque Hawkwind était définitivement en très grande forme et la présence de Simon House, violoniste compétent et volubile, couplé avec Harvey Bainbridge aux synthés est vraiment un plus pour le son du groupe. Alan Davey était lui aussi un bon compositeur et un bassiste très puissant à la Lemmy (de Motorhead, qui fût dans Hawkwind de 72 à 75). La plupart des morceaux sont très développés, avec beaucoup de passages planants et des sections très énergiques, aux rythmes parfois obsédants. C'est un Hawkwind moins hard mais plus moderne, avec des ambiances science-fictionnesques en diable, des synthés venus d'ailleurs, auxquels nous avions droit à cette époque… "Space bandits", dont on retrouve plusieurs extraits ici, rappelait d'ailleurs un peu le fameux "Warrior at the edge of time", d'où sont extraits deux morceaux sérieusement réarrangés, avec des titres différents : "lives of great men" (alias "assault & battery") et puis le majestueux "void of golden light" (alias "the golden void"). C'est un excellent moyen de découvrir le groupe et un live indispensable pour ceux qui l'aiment déjà.


"Canterbury fayre 2001", 11 ans plus tard, contient encore quelques morceaux en commun du répertoire classique de Hawkwind mais dans des versions encore différentes Par exemple, le fameux "angels of death" qu'on retrouve ici avec un solo de violon a été réarrangé, ralenti puis accéléré tant de fois !! Un point important : c'est Dave Brock qui assure la plupart des parties vocales, avec sa voix toujours aussi dramatique, désincarnée, noyée dans des flots de réverbe et d'écho… On trouve sur ce double CD un concert complet, ce qui ces dernières années fait dans les 100 minutes. Malheureusement, le son, sans être mauvais, est un peu déséquilibré, même si ça s'améliore après le premier titre : ce sont surtout les voix, les synthés, la basse et le violon qui sont mis en avant. Ca donne un résultat sonore parfois un peu léger, sur les titres les plus agressifs. Dommage car l'intérêt de ce live est aussi le retour de Huw Lloyd-Langton à la guitare solo (et au chant), un très bon musicien qui démarra sur le premier album, quitta le groupe pendant 9 ans et revint de 1979 à 1989 environ… sympa de l'avoir à nouveau sur ce live. D'autant plus que Simon House est également de retour au violon et aux synthés, de même qu'Alan Davey ! Un certain Keith Kniveton aux synthés complète ce nouveau line-up, qu'on espère retrouver sur le prochain album studio !

La set list est très différente du "Yule Ritual"… avec encore une fois cependant des extraits de "Warrior" : le titre "assault & battery" est cette fois enchaîné " à "void of golden light" comme à l'origine, plus "magnu" et le très rare instrumental "spiral galaxy" complètement remanié. L'autre album le plus représenté est l'excellent "Levitation" de 1980, plus structuré et mélodique, mais aussi plus lourd aussi… avec notamment ce titre éponyme de 10 minutes, occasion d'une jam surpuissante (et d'un problème ponctuel de micro ! C'est du VRAI live ! ). En fait, on peut faire le parallèle avec le groupe figurant sur le splendide "Live 79", le violon en plus ! Au chapitre des autres incontournables : une version longue et très planante de l'orientalisant "assassins of allah", "hurry on sundown", (la "ballade" psychédélique du premier album), "solitary mind games" de "Choose your masques" très rallongé et moins monotone avec un délire de violon et de guitare au final. Et puis, il y a le légendaire "silver machine" interprété par Arthur Brown ! Bref, beaucoup de raisons de se jeter sur cet album, même si on aurait préféré un meilleur son.

Marc Moingeon




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