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Steve Hackett : Darktown (1999 - cd - parue dans le Koid9 n°30)

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Steve Hackett laisse un peu de côté sa "Genesis nostalgie" et nous propose avec ce "Darktown" son disque le plus hétéroclite (et finalement abouti) depuis belle lurette ! Pas vraiment progressif au sens stylistique du terme (rien ou si peu à voir avec le mythique et incontournable "Voyage of the acolyte"), mais une oeuvre difficile à apprivoiser bien que facile d'accès, tour à tour enfiévrée et atmosphérique (élément dominant) dont le propos ne peut laisser indifférent. Le présent CD débute de la plus étonnante des manières, à la façon d'un "vroom vroom" crimsonnien, un peu comme si le géant Tony Levin se taperait un boeuf (pauvre animal !) avec Fripp sur fond de drummachine ! (impossible alors de ne pas penser aux séquences et aux riffs tordus des titres les plus allumés de "What's means solid traveller ?" du guitariste David Torn). Etonnante entrée en la matière ! On retrouvera plus loin dans le disque le même genre de délire sur "darktown riot", avec sa rythmique quasi-industrielle et sa ligne mélodique flippante, un peu à la manière de ce que l'on a pu entendre sur l'excellent "Morte macabre" des frères scandinaves Landberk et Anekdoten ! Côté ambiance "gothique", le morceau titre de l'album où la voix volontairement grave de Hackett (qui pour une fois s'en ti­re plutôt bien niveau chant) résonne comme une narration d'outre tombe, n'est pas mal non plus! (le sax du comparse Ian Mc Donald rajoute une certaine touche d'originalité à ce titre déjà assez étonnant). Plus légères et sereines sont les ballades "man overboard" et "days of long ago", enveloppées dans des nappes de cordes symphoniques et des résonances de choeur céleste, où les incursions de guitare acoustique de Mr Hackett se font délicates et précieuses. La musique prend même une tournure carrément exotique avec le très "brazil" "dreaming with open eyes" et ses rythmes légers façon jazz-samba (il ne manque plus que le grand Stan Getz pour finir l'illustration de cette petite perle de nostalgie !). Beau et inattendu ! Avant de conclure sur les deux merveilles du disque, je tiens tout de même à signaler la présence d'un indésirable, à savoir l'insipide "Jane Austen's doer" (le slow de l'été) que le guitariste aurait aussi bien fait de laisser au placard. Et puis, mellotron quand tu nous tiens ! Il sera difficile d'empêcher les 7 minutes de pure magie de "twice around the sun" (nappes mellotronesques et guitare lyrique à souhait) de vous faire hérisser les poils sur les bras ! Et que dire de ce "in memoriam" concluant l'album dont la complain­te langoureuse vous emmène définitivement au paradis, le vrai, avec le ciel bleu, les nuages et les anges ! (laissons de côté le gros barbu). Voilà donc un disque comme je le disais plus haut, sans grande homogénéité de style, où Hackett lais­se libre cours à l'expression de sa créativité, ambitieux sur le fond et non sur la forme (désolé, pas de grandes envolées progressivo-symphoniques à l'horizon ! ), juste une collection de pièces musicales transpirant la sincérité et qui ne nécessite pas l'emploi de gros moyens instrumentaux pour vous faire décoller. un disque qui vous en met plein dans l'âme et un peu moins dans les yeux...

P.Vallin




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