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Ines Project : Slipping Into The Unknown (2002 - cd - parue dans le Koid9 n°44)

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3 ans que j'attends cet album ! 3 longues années séparent le magnifique "The flow" de ce "Slipping into the unknown". Mais à trop attendre… j'en attendais trop! Ce qui fait qu'à la première écoute je fus un peu déçu. Rien d'étonnant, je qualifierais même cette réaction de normale. J'avais placé "The flow" tellement haut qu'il mettait difficile de ne pas faire de comparaisons. Au sujet de la production par exemple. Sur ce nouvel album, je la trouve légèrement en dessous de celle de son prédécesseur surtout au niveau de la batterie. Puis au fil des écoutes mes déceptions se sont effacées pour laisser place au plaisir. Ici, et ce contrairement au titre, nous ne glissons pas dans l'inconnu, nous sommes plutôt en terrain connu. "The flow" marquait une nouvelle étape dans la carrière de Ines, une nouvelle orientation, "Slipping into the unknown" poursuit dans la même veine. Seul le nom du groupe change. Ines devient Ines Project. Il faut dire que Ines Fuchs fait partie de ces artistes qui ne se contente pas d'une formation statique, d'un groupe établi, elle ouvre ses portes, aime les collaborations, c'est pourquoi l'on retrouve pas moins de 11 intervenants sur cet album, d'où la notion de projet. Musicalement, ne le cachons pas, Ines ne cherche pas particulièrement à faire du progressif même si le spectre du prog des seventies est présent dans sa musique, elle l'associe à son style plus contemporain. D'ailleurs, il lui est difficile de cacher l'influence du claviériste Tony Banks (Genesis) au travers de ses interventions solistes comme sur le final du splendide "in my street". Délicate, sensuelle, poétique, passionnelle tels sont les adjectifs qui pourraient définir sa musique. On est à mille lieues d'un quelconque souci de démonstratif. C'est fluide, frais, avec un sens hyper aiguë de la mélodie ("making movies in Hollywood"). L'agencement des idées, les sonorités de claviers, l'intervention des percussions et autres instruments confèrent un côté ethnique à sa musique et pour être honnête, l'ensemble est comparable aux travaux de Peter Gabriel dont l'ombre plane constamment sur ce disque. Ines a, une fois de plus, pris en charge la composition complète des titres, Hansi (son mari, guitariste) a, quant à lui, signé tous les textes. Et comme à son habitude, Ines a su s'entourer de musicien de talent en commençant par les chanteurs qui sont au nombre de trois. Boris Huzak est le premier à ouvrir le bal. Sa voix me rappelle un peu celle de Paul Carrack (sur le titre "I'm in a movie"). Boris chante 3 des 14 compositions. Le chanteur d'Adaro, Christoph Pelgren, une seule et, bonheur des bonheurs, Chicco Grosso pose sa voix sur 6 titres. Est-il encore nécessaire de présenter Chicco Grosso? Ex-chanteur d’Asgard et d’Aufklarung, il est une des plus belles voix du prog. Une voix chargée d'émotions ("dark room" un des meilleurs titres !). Maintenant pour ce qui est de la section rythmique pas de changement par rapport à "The flow", on retrouve avec plaisir Davide Piai à la basse et au stick Chapmann et les frères Michieletto (Marco à la batterie et Massimo à la guitare) sans oublier bien sur Hansi à la guitare. Les autres musiciens, dont l'implication est non négligeable, interviennent avec divers instruments tel que le violon, le sitar, flûtes et hurdy-gurdy (la touche celtique). "Slipping into the unknown" est une collection de chansons diverses, riches et soignées dont les arrangements ont été peaufinés à l'extrême. Mélodiquement imparable ! Petite surprise pour conclure cet album, "how i wish that you would stay" chanté par Ines elle-même ! C'est la première fois qu'elle assume ce rôle dans son intégralité. Elle pourra réitérer l'exploit sans complexe car elle possède une très belle voix, fragile et sensuelle. Ce titre, assez différent du reste du point de vue de l'ambiance (il est entièrement basé sur les claviers), fait penser à du Laurie Anderson. Sincèrement, je pense que, tout comme "The Flow", "Slipping into the unknown" pourrait être un énorme succès commercial si celui-ci pouvait s'extirper du contexte progressif qui lui colle à la peau. Ceci dit, heureusement que le label Tempus Fugit est là pour publier ce genre de disque. Alors un grand merci à lui. Que dire de plus, si ce n'est que je suis définitivement tombé sous le charme de notre chère Ines. Magnifique, une nouvelle fois !

Pour information, sachez que depuis la fin de l'enregistrement de ce disque Ines travaille sur un nouveau projet, en collaboration avec un moine tibétain, qui met en musique les textes du 6eme Dalai Lama pour le théâtre. 5 titres ont été écrits (30 minutes de musique), un cd est prévu sous forme de soundtrack. Respect !

Denis Perrot




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