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Invisigoth : Alcoholocaust (2007 - cd - parue dans le Koid9 n°62)

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Voici un drôle de groupe qui démontre une fois de plus le désir du label américain ProgRock Records de se diversifier autant que possible. D'origine américaine, Invisigoth est un duo composé de Cage (tous les instruments) et de Viggo Domino (vocaux).

Musicalement, on est bien en peine de décrire Invisigoth. Metal gothique et progressif serait peut-être une étiquette adaptée. Le thème général de l'album semble être les excès d'alcool et de psychotropes divers, l'hédonisme antique. On note une dimension mystique, guerrière (déjà visible dans le nom du groupe), qui se retrouve dans ses compositions où percent quelques influences classiques. L'ambiance est assez étrange, avec les synthés très froids abondamment utilisés par Cage et ces vocaux tour à tour murmurés, rageurs, dramatiques et mêmes caricaturaux. Viggo Domino s'est d'ailleurs réenregistré plusieurs fois et la plupart du temps, on a des lignes de chant superposées, dans des registres différents (du plus grave au plus aigu), la voix étant souvent enjolivée par de la réverbe et d'autres effets, lui donnant parfois un aspect un peu irréel. Les structures s'écartent du format traditionnel couplet/refrain mais sont souvent un peu répétitives, malgré des changements de rythme qui interviennent ici et là, les mélodies sont obsédantes, les rythmes martelés. L'ambiance générale est souvent menaçante, voire glauque et malsaine. Le côté guerrier de la musique contraste avec la froideur moderne des claviers et, de plus, Cage ne dédaigne pas les boucles rythmiques à l'occasion. Les guitares électriques sont assez plombées mais ne dominent pas les synthés, et interviennent essentiellement pour les rythmiques, rarement sur des parties solistes (il y en a peu). Cage est de toute évidence plus un claviériste qu'un guitariste. Il y a quand même quelques parties acoustiques, notamment sur le très orientalisant et accrocheur "ancient" avec ce qui semble être un dulcimer au son altéré (peut-être un échantillon). Les percussions sont programmées et sonnent de manière artificielle (Cf. par exemple les accélérations incroyables sur "poison drip"), à part sur deux morceaux où un percussionniste répondant au curieux pseudonyme de "Gizz" est crédité. Cinq des huit morceaux tournent autour de 5 minutes, et trois d'entre eux atteignent 6 et même 8 minutes, dont une reprise de "no quarter", le morceau le plus étrange et le plus progressif de Led Zeppelin, au texte imprégné de légendes celtiques, une reprise plus ou moins fidèle, qui tient aussi bien de Pink Floyd, avec un solo de piano électronique et un autre de guitare électrique, mais au son glacial.

Globalement, "Alcoholocaust" est un album vraiment étrange dont les mélodies grandiloquentes et épiques peuvent être parfois envoûtantes mais l'interprétation, avec tous ces vocaux souvent plus ou moins caricaturaux, est vraiment déroutante et inquiétante. Sans parler du côté artificiel dû, entre autres, aux rythmes programmés, qu'il faudrait à tout prix remplacer. A découvrir avec précaution.

Marc Moigeon

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