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Jethro Tull : Thick As A Brick (1972 - vinyl - parue dans le Koid9 n°55)

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Tales from the Domrevland Attic

Pas né de la dernière pluie, Domrev possède des trésors cachés dans son grenier et rares sont désormais les lecteurs de Koid’9 ayant connu cette époque dorée et merveilleuse de laquelle ils datent. A travers cette rubrique "Tales from the Domrevland Attic", notre vétéran du vinyl, des cassettes analogiques et de la pédale Wah-Wah nous fera régulièrement découvrir l'un de ces trésors inestimables.

JETHRO TULL
Thick as a brick

1972 - Chrysalis

Le 18 février 1972 sort cet album qui correspond parfaitement à cette rubrique : rock et progressif, avec de plus, une singulière pochette qui fait honneur au format 33 tours. Avec ce "Thick as a brick", Jethro Tull propose son album le plus progressif, le plus ambitieux et son titre le plus long puisqu’il dure les 2 faces entières du disque. En 1972, c’est quasiment une première. Le vinyle est placé dans un journal de 12 pages, un vrai périodique, complet avec sa "Une", ses nouvelles, ses potins, sa page de sport, ses jeux, les programmes TV et l’horoscope, bref, un vrai numéro du St Cleve Chronicle, édition du 7 janvier 1972, que l’on peut lire en détail pour en apprendre pas mal sur cette Angleterre profonde du début 70’s.

Le poème "Thick as a brick" du tout jeune surdoué Gerald Bostock "Little Milton" (8 ans) est la ligne conductrice de l’album. D’après la couverture du journal, ce poème est jugé trop fantasque, trop barré par le jury d’un concours de poésie. "Little Milton", dont on pense qu’il ne peut être l’auteur d’une prose si folle et si imaginative (et imagée), vient d’être disqualifié après avoir lu son œuvre à la BBC. Le texte est d’ailleurs publié intégralement par le journal !

Au niveau musical, l’immense qualité de cet album est de ne pas souffrir de sa durée grâce à un fourmillement d’idées, de développements, de contrepoints, tous plus imaginatifs les uns que les autres. Les thèmes musicaux sont facilement mémorisables, très diversifiés, électriques ou acoustiques, instrumentaux ou chantés. Cet album semble au moins aussi riche que la référence "Aqualung", tout en gardant une véritable unité artistique, ce qu’il fait que l’on peut parler "d’œuvre" ici, de référence intemporelle du rock anglais, bref (et sans trop d’emphase), c’est un disque que tout amateur de rock se doit de connaître.

L’introduction est acoustique, puis chantée par Ian Anderson dont le timbre caractéristique (cette voix jeune, veloutée, inhabituelle, ensorcelante presque) est un plaisir immédiat. Imperceptiblement, la mélodie est reprise par le groupe puis escamotée adroitement lors de l’arrivée du thème suivant. Personnellement, les premiers couplets de ce "Thick as a brick" représentent pour moi le meilleur de Jethro Tull. Le flûtiste pense d’abord à bien chanter avant de souffler dans son instrument de faune, le batteur, Barriemore Barlow qui vient juste de rejoindre le groupe, est d’une extrême concision doublée d’une douceur habituellement présente dans le jeu de certains grands batteurs de jazz. Martin Barre alterne acoustique et amplifiée sans que l’on discerne la moindre rupture dans le ton (il osera même quelques passages au luth !) et les claviers restent sages, aériens, bien que l’on sente que John Evan brûle de les libérer. Le bassiste Jeffrey Hammond-Hammond est discret mais l’on entend sa voix parlée en quelques endroits du disque.

Soyons clair, la première face est fabuleuse, sans aucun point faible ni essoufflement. C’est épique, bucolique, progressif (Ah, ces montées d’orgue !) et superbement composé. La deuxième face est plus difficile à digérer, le groupe variant les climats, du Jazz au Folk le plus dépouillé, mais là encore, que d’idées, que de trouvailles, que de contrepoints imprévisibles et surtout, que de beauté pour charmer mille fois les oreilles de l’auditeur.

Si l’idée mélodique est superbe, que dire de ce texte à la fois simple et magnifique dont on reconnaît immédiatement l’introduction : "really don’t mind if you sit this one out" et aussi la conclusion : " to be thick as a brick". Je ne sais pas si le petit Gerald est le réel auteur du poème, mais quelle leçon d’écriture, de rythme, d’emploi d’images fortes et de métaphores incongrues.

"Thick as a brick" a été réédité de nombreuses fois (Chrysalis, EMI avec, en bonus, le titre en live dans une version très raccourcie) mais aucun package n’a pu reproduire la présentation initiale. Dommage…

Au fait, j’y pense, si vous cherchez la chronique de cet album, elle existe déjà dans le St Cleve Chronicle, édition du 7 Janvier 1972 : "New Tull LP". Vraiment très complet ce journal, isn’t it ?

Dominique Reviron




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