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Kotebel : Omphalos (2006 - cd - parue dans le Koid9 n°59)

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Trois ans déjà depuis l'album "Fragments of life" de cet étrange groupe/projet du claviériste espagnol Carlos Plaza, qui avait été passé en revue dans nos pages par votre humble chroniqueur.

Kotebel présente un rock progressif relativement personnel et original, dont le mot d'ordre est vraiment la fusion des genres : classique, opéra, jazz-rock et rock.

Le groupe est bien plus fixé et soudé cette fois-ci. Pas de boîtes à rythmes, déjà. C'est toujours plus agréable d'avoir une véritable section rythmique. La chanteuse d'opéra Carolina Prieto est toujours là, même si la musique sur "Omphalos" est en grande partie instrumentale.

L'album est très long (68 minutes !) et démarre par deux long morceaux : "ra" (13 minutes) fusionne vraiment le piano (électronique hélas, pas acoustique), la flûte, les synthés aux textures modernes, les guitares électriques et la voix de Carolina Prieto. Et ensuite "excellent meat" (8:51), morceau nettement plus rock mais aux consonances jazzy, contenant un certain nombre de riffs de guitare assez lourds plus ou moins dissonants, et un rythme aussi complexe que changeant. Belle partie acoustique au feeling assez latin au centre, mais elle est trop courte hélas.

Arrive ensuite l'énorme "pentacle's suite" qui s'étale sur plus d'une demi-heure en 6 parties et qui met en jeu tous les instruments, plus le violoncelle d'un certain Miguel Rosell et la voix de Carolina Prieto de temps en temps, au fil des différentes sections, à dominante alternativement électrique et acoustique et pendant lesquelles la section rythmique apparaît puis s'efface plusieurs fois. L'atmosphère reste bizarre, vaguement inquiétante par moments, ou simplement mélancolique, vaporeuse ou plus dynamique. Les trois derniers morceaux reprennent un peu le même style, une fusion originale de classique et de jazz-rock. Pour autant qu'elle s'inspire du classique d'ailleurs, la musique d'"Omphalos" n'est pas moins inhabituelle… car elle doit plus que jamais à des compositeurs "modernes" comme Debussy plutôt qu'aux références plus anciennes et plus courantes dans le monde rock.

Certainement pas "new age", cette musique est presque toujours sautillante, ses rythmes sont syncopés et cette fois-ci, le guitariste/bassiste Cesar Garcia-Forero ne dédaigne pas d'utiliser un son saturé et de partir dans des soli presque hard rock par moments, notamment sur "excellent meat". On pourra parfois penser un peu à ce que le groupe monégasque Edhels pouvait faire à un moment, bien que les instruments acoustiques ait ici nettement plus d'importance.

L'enregistrement est également le meilleur que le groupe ait jamais eu, mais le son possède encore une couleur un peu métallique, qui vient des textures de synthés employées et des effets sur la guitare électrique. La flûte très présente et la section rythmique donnent, quant à eux, une nuance plus organique au son général.

Intéressant est le mot qui vient immédiatement à l'esprit à l'écoute de Kotebel et d'"Omphalos", mais cette musique, à la beauté plus ou moins sombre, qui utilise souvent une dose non négligeable de dissonance et d'harmonies inhabituelles, reste réservée à un public averti, amateur de mélanges improbables et de tonalités étranges. Mais l'amateur de rock progressif correspond souvent à cette description, après tout, n'est-il pas vrai ?

Marc Moingeon




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