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Richie Kotzen : Change (2003 - cd - parue dans le Koid9 n°47)

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Allez, un album de rock pour changer. Rock teinté de blues, de soul et de jazz pour ce multi-instrumentiste chanteur surdoué qu'est Richie Kotzen. Celui-ci a aujourd'hui plus de 12 albums solos à son actif depuis son album éponyme paru en 1989 sur Shrapnel Records, avec les monstres sacrés que sont Billy Sheehan et Steve Smith. Sur celui-ci, Kotzen faisait preuve, à seulement 17 ans, d'une maîtrise incroyable de la guitare et d'une capacité à composer des titres archi-complexes mais mélodiques, aussi bien inspirés par le heavy metal classique que par le jazz-rock et Zappa.

Depuis, le jeune homme a sorti plusieurs autres albums solo de moins en moins "metal" et de plus en plus marqués par le blues, la soul, le funk et le jazz, notamment ce qui s'est fait dans ces genres pendant les années 60-70. En plus de la guitare, Richie joue de la basse, des claviers, de la batterie et il chante ! Il a aussi fait partie du groupe de glam-rock Poison (pour lesquels il a grosso modo écrit tout un album plus marqué par le blues en 1993 avant de se fâcher sérieusement avec leur leader Bret Michaels). Plus récemment il a été intégré dans Mr Big, qui s'est reformé sans Paul Gilbert, pour un album studio hélas seulement sorti au Japon et aux USA. En 1999, il fait partie du projet Vertu fondé par le mythique bassiste de jazz-rock Stanley Clarke, avec Lenny White, Rachel Z et la violoniste Karen Briggs (il y a eu une belle tournée, dont un concert exceptionnel au New Morning à Paris, pour une fois !). Par ailleurs, Kotzen a fait deux albums instrumentaux assez typés jazz-fusion avec ce prodige incroyable qu'est Greg Howe. Et puis comme je le disais, dans le courant de sa carrière, il s'est mis rapidement à chanter, ce qu'il fait d'ailleurs de façon plutôt convaincante.

On aime ou on aime pas son timbre voilé mais assez viril (étonnant pour un gars aussi jeune et aussi fluet !) mais force est de dire que Kotzen chante juste et possède une certaine facilité pour moduler sa voix, qui peut aussi être assez claire, quand il le veut.

Dans le même temps, les démonstrations de virtuosité tout azimut dont il est capable sont complètement passées au second plan. Cet homme-là adore le blues et la soul, c'est évident. Mais pas seulement ! Pour preuve, cet album est sûrement l'un de ses plus variés. Il y interprète tout : chant, guitares électriques et acoustiques, basse, un peu de piano électrique Wurlitzer, d'orgue et autres claviers, et même la batterie (ce ne sont pas des boîtes à rythme), sauf sur un titre ou c'est l'excellent Pat Torpey de Mr Big qui s'y colle. Un morceau plutôt blues-funk 70's avec des vocaux vaguement rap (ben oui, ça arrive…) plus un autre contiennent des séquences électroniques en plus de la batterie, mais ce n'est pas vraiment choquant.

Pour le premier morceau Kotzen nous pond un hard mélodique mais très moderne avec batterie sèche et son de rythmique plombé. Il se permet même deux solos virtuoses fulgurants dignes d'Eddie Van Halen.

Le reste oscille entre hard rock mélodique, efficace, parfois proche de ce qu'a pu faire Cheap Trick, avec des riffs simples mais terriblement accrocheurs et de belles ballades plus acoustiques (il maîtrise aussi cet instrument). Disséminées un peu partout, on retrouve toujours ces influences blues, funk et soul (de petits échos de Stevie Wonder). Au chapitre des curiosités, on remarque un titre vaguement rap/funk de près de 7 minutes avec une intervention d'un certain Charrie Sari (une faute de goût rattrapée par une série de solos bien sentis), et même un instrumental dans le style jazz be-bop des années 50-60 !

"Change" recèle quelques interventions complexes de la guitare, assez pour intéresser les amateurs de 6-cordes mais honnêtement, c'est épisodique et on sent bien que ce n'est pas (plus) une priorité pour Kotzen, le musicien voulant clairement être reconnu plus comme un "songwriter" que comme un virtuose. Ce gars-là a très vite appris à jouer lentement !!

En 12 morceaux (dont une version acoustique du morceau "change") et un peu plus de 48 minutes, "Change" est un album plaisant, ouvertement varié, ce que regretteront peut-être ceux qui préfèrent son style blues typés années 70 très émotionnel (dont on retrouve néanmoins quelques exemples ici) mais presque toutes les mélodies sont bonnes, voire très bonnes et puis, il y a quand même un jeu de guitare remarquable !

Marc Moingeon




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