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Marillion : Script For A Jester's Tear (1998 - 2 cd - parue dans le Koid9 n°25)

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EMI fête son 100e anniversaire et réédite bon nombre de ses "classiques". Quel plaisir de redécouvrir ainsi le premier opus (le mini 33t "marquet square heroes" mis à part) de Marillion, amplement dépoussiéré grâce à cette version remastérisée. Cette oeuvre obtient finalement le traitement quelle méritait. La fièvre me gagne lorsque j'ouvre ce "nouveau" CD qui m’est si familier. Une foule de souvenirs me reviennent : il y a 15 ans, cet album allait marquer le retour du Prog en Europe ou l’avènement du "Néo-Prog", dont Marillion serait le chef de file avec Pendragon, Twelfth Night, IQ et autres Pallas. Un nouvel "age d'or" pour une musique si unique, effacée pendant quelques années par la vague Punk puis New Wave.

Première surprise, le travail de recherche d'EMI est superbe, le livret en particulier contient des commentaires de Fish (signe d'une réconciliation semble-t-il), Mark Wilkinson, Mick Pointer, Pete Trewavas et Mark Kelly. Les infos de Fish sont les plus délectables, que ce soit sur la génèse du groupe ou les conditions qui ont entouré la naissance de toutes les perles contenues ici. Les anglophones avertis (à vos dictionnaires quand même !) ne manqueront pas de sourire quand ils liront les détails de la vie de Fish (en particulier pour "he knows you know"), les mesquineries du Rock business (comment imposer un producteur sans facher un groupe), ou encore l'évolution du Prog en Grande-Bretagne à cette époque. On trouve également les textes de "grendel", "charting the single", "three boats down from the candy" et des photos inédites comme celles de Nick Tauber, Fish dans son lit, apparemment après une fête, Pete Trewavas en costume de bouffon, bref une mine d'illustrations qui rendent ce CD indispensable pour tout fan. Le premier CD n'est ni plus ni moins que la version "netoyée" de l'album paru tel quel en 1983 : le son est enfin clair et remet en valeur tous les titres; les frissons reviennent à l'écoute de "scirpt for a jester's tear", bijou intemporel. "he knows you know" reste ce monument prog-psychédélique, "the web" est toujours aussi atmosphérique et sombre dans ses ambiances, "garden party" est une revanche personnelle sur une certaine classe sociale british on-ne-peut-plus-ennuyante, "chelsa monday" et sa superbe mélancolie vous feront pleurer (quel solo de guitare, inoubliable), ou presque, "forgotten sons" et son final théâtral est une critique osée contre le système, qui envoit des innocents à la mort pour une cause perdue. Le deuxième CD est plus réservé aux fans, avec des versions différentes alors mises de coté. "market square heroes" apparait dans deux versions qui n'ajoutent pas grand chose; "grendel" présente quelques variations plus perceptibles (le final notamment); l'intéret réside surtout dans "chelsea monday" avec sa démo très épurée, des choeurs, une guitare séche et les récits de Fish mis en valeur. La basse est plus ronflante sur "he knows you know". On trouve aussi "charting the single", tel que sur "B' sides themselves". C'est le travail sur le son + le livret et ses commentaires + les versions différentes qui justifient l'acquisition de cette nouvelle édition, beaucoup plus que le 2ème CD seul.

Ce coup d'essai est un coup de maitre malgré quelques effets un peu pompeux chers à Nik Tauber et aux jeunes groupes ambitieux qui veulent s'affirmer. Il marque aussi une époque musicale, une scène progressive en pleine ébulition, très créatrice et qui rencontrait les faveurs d'un public trop longtemps sevré de cette musique lyrique et profonde. En attendant que le même phénomène se reproduise (soupirs !), on peut toujours se délecter de cette grande oeuvre, une pierre angulaire du néo-prog, qui aida à lancer et relancer l'intéret pour d'autres combos du genre. A mettre entre toutes les mains.

Guillaume Bernard




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