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Mastermind : Excelsior (1999 - cd - parue dans le Koid9 n°30)

(521 mots dans ce texte )  -   lu : 77 Fois     Page Spéciale pour impression

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Voici venir un disque qui n'était pas forcement attendu (le style "heavy -symphonique" de Mastermind étant en effet loin de faire l'unanimité), et qui pourtant aujourd'hui fait figure d'événement au sein du microcosme progressif sorti il y a déjà quelques mois sur le marché nippon, il nous est donc possible dès maintenant de faire l'acquisition de ce nouvel opus entièrement instrumental des frères Berends, rejoints et secondés ici par l'excellent et virtuose (ô sur­prise !) claviériste suédois Jens Johansson (Yngwie Malmsteen, Stratovarius...).

Les compositions restant toujours à l'initiative exclusive du guitariste/bas­siste Bill Berends, jamais celles-ci ne se sont avérées aussi brillantes, sympho­niques et contrastées que par le passé (la présence du claviériste nordique est en ce sens une véritable bénédiction et un réel bain de jouvence pour ce groupe dont le propos musical en avait bien besoin !). Mais à l'écoute de ce nouveau disque me direz-vous, où sont-ils, ces solos de claviers promis et cette "débau­che de symphonisme " sur des titres survoltés comme le sont "sudden impulse", "on the road by noon" ou encore "the approaching storm" ? L'auditeur attentif re­marquera alors que Jens Johansson "trompe son monde" en bidouillant un son analogique qui s'approche réellement de celui d'une guitare électrique saturée, et que celui-ci utilise sur la quasi-totalité de ses parties en soliste, un peu à la manière d'un Toshio Egawa sur les dernières livraisons en date de Gerard (apparemment, c'est également une des spécialité de notre amis suédois !). Il en résulte dans l'album de véritables duels de guitares et claviers, aux travers de titres à consonance heavy-symphonique du plus bel effet, nous laissant souvent bien peu d'instants de répit (ex : le "dynamite" "sudden impulse"). On en frôle d'ailleurs parfois le tout démonstratif cher à certain prog-métal band ou autres formations jazz-rock et R.I.P. La majeure partie de l'album serait en ce sens un compromis idéal entre une oeuvre aboutie de prog- symphonique très pointue (pour la technique) et un disque de hard-prog (pour la puissance), même si le style général penche en la faveur du premier. Voilà donc un disque qui en met plein la vue, mais qui ne saurait déclencher de réel enthousiasme si l'aspect mélodique était constamment mis de côté, ce qui heureusement est loin d'être le cas ici (pas de "rigidité émotionnelle en vue !). Les accalmies de l'album sont souvent de petites perles de finesse, en sont témoins le doux et atmosphérique "Tokyo rain" et son thème qui ne cesse de monter en puissance dans sa 2ème partie, ou encore la section finale du monolithique "when the walls fell" qui conclue l'album, servie par un solo de guitare camélien flamboyant. Petite faiblesse à faire apparaître cependant : un disque aussi ambitieux dans sa réalisation et dans son contenu musical aurait gagné davantage d'impact s'il avait bénéficié d'un meilleur soin de production et d'un son globalement plus dynamique, voir "surboosté" ! Dans ce cas seulement, le progressif 3-D de cet "excelsior !" nous aurait mis une sacrée claque !

Philippe Vallin




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